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24/03/2009

Etats-Unis/Amérique Latine : Une domination de plus en plus contestée

Pour le président vénézuélien Hugo Chavez, Barack Obama n'est qu'un "pauvre ignorant". A un mois du Sommet des Amériques, les tensions entre les États-Unis et ses voisin d'Amérique Latine ressurgissent : plus question d'accepter la domination du voisin du nord.

 

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Selon les sondages d’opinion, les taux les plus élevés d’anti-américanisme se trouvent parmi les populations d’Amérique Latine. Certains experts considèrent même que l’administration Bush a "perdu" la partie du Sud du continent.

Lors de sa campagne, George W. Bush avait pourtant placé l'Amérique Latine parmi ses priorités. Après le 11-Septembre, les pays sud-américains ont été relaigués à l'arrière-plan, loin derrière l'Afghanistan, l'Irak ou l'Iran.

La doctrine Monroe, qui exclut les Européens du continent américain au début du XIXe siècle, ne semble plus faire partie des priorités des dirigeants amércains.

Depuis son investiture en janvier, Barack Obama a très peu parlé de l'Amérique Latine. Il semble attendre le Sommet des Amériques mi-avril pour détailler sa pensée.

Pendant sa campagne électorale, les références aux pays au sud des États-Unis sont restées parcimonieuses. Sur le site internet détaillant son programme, la partie réservée à l'Amérique du Sud et aux Caraïbes fait moins d'une page dactilographiée. La politique de George Bush est critiquée et le tandem Obama-Biden se promet de créer "un nouveau chapitre dans le partenariat avec l'Amérique Latine et les Caraïbes". Mais pas de propositions concrètes.

Même sur Cuba, les déclarations sont assez vagues. Tout sera renégocié si un gouvernement démocratique s'installe à La Havane. Sans plus de détails.

 

Des regards sur l'imposant voisin très opposées

Les Etats-Unis gardent des alliés fidèles dans le sud du continent : le colombien Alvaro Uribe et le mexicain Felipe Calderon font figures des bastions du libéralisme anglo-saxon dans une région de plus en plus en plus tournée vers le socialisme.

Hugo_Chavez-722873.jpgLa plupart des États d'Amérique du Sud sont de gauche. Mais les disparités entre dirigeants sont importantes. Lula au Brésil et Michelle Bachelet au Chili représentent un centre-gauche modéré. Ils auraient les faveurs des Sud-Américains selon un sondage de Latinobarometro (.pdf 7,1Mo) réalisé fin 2007 dans 18 États. Hugo Chavez, le très médiatique représentant du bolivarisme, est placé au même niveau que Bush. Pourtant certains chefs d'État, vus au départ comme progressistes - Rafael Correa en Équateur et Evo Morales en Bolivie - se tournent vers le président du Venezuela.

Selon Bertrand Badie, professeur à Sciences-Po, "L'Amérique du Sud risque de devenir un chapitre important de la politique étrangère américaine". La volonté d'indépendance est importante car la région a longtemps été sous la coupe de Washington.

Tout au long de la Guerre Froide, les gouvernements américains successifs ont cherché à influer les régimes d'Amérique Latine, avec plus ou moins de succès.

 

Un lourd passé

Image 1.pngDans les années 1960, les États-Unis n'ont pas encore de vision d'ensemble et agissent au coup à coup. Pour Cuba, c'est un véritable échec : l'expédition de la baie des Cochons (cliquer sur l'image pour voir la vidéo) est un traumatisme qui ne doit pas se reproduire.

Les États-Unis ont-ils soutenu dans ce cadre l'Opération Condor ? 20080526015212!Henry_Kissinger.jpgHenry Kissinger, ministre de la Défense a toujours démenti mais le doute persiste. Chili, Argentine, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil, tous les pays d'Amérique Latine tentés par le marxisme ont des services secrets assez puissant pour maintenir en place des régimes pro-américains et renverser les autres.

Les exemples sont nombreux : renversement du président équatorien Ibarra en 1961, soutien militaire au coup d'Etat contre João Goulart qui avait proposé une réforme agraire au Brésil en 1964...

Mais c'est surtout l'aide à Augusto Pinochet lors de sa prise de pouvoir en septembre 1973 qui fait douter sur la non-intervention de Washington dans l'opération Condor. La chute d'Allende a été activement soutenu par les États-Unis.

Voici le début du documentaire Seidean Staire sur le coup d'Etat de Pinochet :

Après un tel passé commun, le désintérêt de l'administration Bush a permis aux volontés d'autonomie de s'exprimer librement. Les déclarations de Barack Obama mi-avril seront donc écoutées avec attention.

 

Isabelle Raynaud

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