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26/11/2009

Violences conjugales: quelles mesures pour les hommes violents?

Au lendemain de la journée internationale de lutte contre les violences conjugales instaurée par l’ONU en 1999, la question de l’aide aux victimes n’a de cesse d’être soulevée. Celle de la prise en charge des auteurs de ces violences, elle, reste marginale. Ce n’est pas le cas à Douai,où un dispositif spécialisé est en place depuis 2003.

 

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«Le taux de récidive est tombé de 30 à 6%». Luc Frémiot, procureur de la République de Douai, peut être fier: le Service de controle judiciaire et d’enquête (SCJE), dispositif  de prise en charge des hommes violents mis en place depuis 2003, semble porter ses fruits. Trois ans avant que le ministère de la cohésion sociale et de la parité ne commande au psychologue Roland Coutanceau un rapport (lire ici, au format PDF) sur l’importance de la prise en charge du partenaire violent dans la lutte contre la récidive, le parquet de Douai semblait déjà avoir une longueur d’avance.


«L’idée de départ était simple», explique Luc Frémiot, à l’origine de ce dispositif précurseur, dans une interview à nos confrères de l’observateur du Douaisis ; «en cas de violences conjugales, c’est l’auteur qui doit quitter le domicile, et non la victime». Une mesure d’éloignement que Luc Frémiot est bien décidé à ériger en norme dès la première incartade: la première gifle donne lieu à un placement en garde à vue quasi-immédiat.
Puis la cellule laisse place à un foyer de type Emmaüs, en l’occurrence le «Foyer des compagnons de l’espoir», où ces hommes seront non seulement isolés de leurs familles, mais aussi confrontés à d’autres dans des situations familiales et personnelles souvent dramatiques. Un environnement destiné à provoquer, sinon un choc psychologique, du moins une prise de conscience, notion centrale de ce système inspiré du modèle québécois.


C’est au final tout un réseau d’acteurs qui est mobilisé autour de l’auteur de violences: police, gendarmerie, psychologues, centres d’accueil,  groupes de paroles…Tous sous la houlette du parquet, car à Douai, les victimes ne déposent pas de simples mains courantes comme c’est souvent le cas, mais enclenchent une véritable procédure judiciaire. Au final, après six ans de mise en place, le procureur de la République de Douai Luc Frémiot s’estime satisfait de ces mesures, révélatrices à ses yeux d’une «prise de conscience».

 

Tant et si bien que le SCJE semble faire des émules : le tribunal de Bobigny a mis en place une cellule similaire depuis 2008, et le système a également été exporté à Liège en Belgique, et jusqu’à Tokyo. L’importance d’une approche psychologique aux problèmes de violences conjugales transparaît aussi dans la multiplication, en France, des cellules de soutien psychologiques et associations d’aides aux auteurs.
Le tout, comme le résume le psychologue Roland Coutanceau dans une interview à l'express.fr «à trois conditions, requises dès la prise en charge: l'homme doit reconnaître les faits, admettre qu'il a un problème, accepter la nécessité de faire appel à un tiers.»

 

Photo : Luc Frémiot.

Crédits photo : lobservateurdudouaisis.fr

 

Virginie BALLET

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