Avertir le modérateur

27/11/2009

Kraftwerk toujours dans la place

Cette semaine sortait The Catalogue, un coffret regroupant les huit albums du groupe allemand Kraftwerk. L'occasion de revenir sur un groupe dont l'empreinte reste, 35 ans après la sortie de l'album Autobahn, bien vivace.


Kraftwerk ("centrale électrique" en allemand) c'est un groupe à l'univers particulier. Quatre musiciens allemands qui ont depuis près de 40 ans des trips bien à eux parmi lesquels le vélo (Tour de France), les autoroutes (Autobahn), et surtout la technologie en général et la fine frontière entre monde humain et monde robotique (The Man Maschine).

Fin des années 70, à l'heure où hippies et baba cools mettent peu à peu leurs "pattes d'eph" au placard et d'autres sont séduits par le str

kraftwerk_the_catalogue_box.jpgass et le look "new wave" à épaulettes, Kraftwerk accouche d'une musique inédite. Voix robotiques, beats répétitifs, thèmes obscurs pour un ensemble hypnothique qui invite à la transe: Kraftwerk inventait rien de moins que l'électro.

40 ans et 8 albums plus tard, le groupe édite un coffret de leur discographie remasterisée. Un objet d'archive qui a préservé une modernité déconcertante. Et pour cause, quiconque fait de l'électro aujourd'hui possède en bonne place dans sa discographie (ou son I-pod, question de génération) les ovnis de Kraftwerk.

Daft Punk notamment, incarnation aux yeux du monde de la "french touch", a su utiliser une bonne partie des coups de génie des quatres Allemands. Musicalement d'abord on retrouve, à plusieurs décennies d'écart, les vocoders (codeur de voix permettant d'obtenir ces voix robotiques), des thèmes similaires et des boucles qui se répètent à l'infini. La preuve en image.

Kraftwerk - The Robots

 

 

Daft Punk - Technologic

 

Quand Kraftwerk proclame, dans un titre qui date de 1978 "We are the robots" (nous sommes les robots), les Versaillais de Daft Punk font danser les foules en 2005 avec Technologic, dans un album baptisé Human after all (humains, finalement). Même attirance pour les thèmes liés à la technologie et l'homme-machine, mêmes voix synthétisés au vocoder et mêmes accentuations de phrases musicales simples et répétitives qui ont sur le public un effet proche de l'envoutement.

Dispositif scénique ensuite. Daft Punk a en commun avec Kraftwerk la volonté de mettre en avant la musique elle-même et non les musiciens qui la crée et la joue. Kraftwerk, qui est à l'origine de cette dépersonnalisation volontaire de la musique va dans certains concerts jusqu'à jouer en dehors de la scène pendant que des robots se produisent (voir ici au festival Coachella en 2008). Le duo français quant à lui, ne joue jamais à visage découvert et arbore tenues et casques intégraux... de robots! Autre point commun: l'importance en live, de la vidéo avec la projection en rythme, par l'un et l'autre des deux groupes des paroles des titres joués et d'images hypnotiques (voir ici le live de One More Time dont les images projettés ne sont pas sans rappeler les autoroutes de Kraftwerk).

Une influence très claire pour les uns donc et aussi largement assumée par les autres. En 2007, le groupe électro français Birdy Nam Nam sort un album baptisé Trans Boulogne Express, en référence à Trans-Europe Express, l'album de Kraftwerk sorti en 1977.

Birdy Nam Nam - Trans Boulogne Epress

 

Idem avec le titre Talk de Coldplay, qui reprend la mélodie de Computerlove de Kraftwerk, dont les membres sont crédités sur l'album des premiers en tant que compositeurs.

Kraftwerk - Computerlove

 

Et on pourrait encore continuer longtemps. Avec les rappeurs issus du 113 qui ont intégré dans leur titre Ouais gros un sample de Trans-Europe Express, les très hype Black Eyed Peas qui se sont largement inspirés de Boing Boing Tschak pour la réalisation du clip de Boom Boom Pow , ou enfin, le groupe allemand de "métal industriel" Rammstein et sa reprise de Das Modell.

Kraftwerk - Das Modell

Autant de démonstrations du fait qu'aussi étranges puissent-ils paraître et aussi "vieux" soient-ils, on peut écouter Kraftwerk sans même le savoir. Pourquoi alors, ne pas revenir aux originaux?

Hélène David

17:39 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Ich bin der operator mit mein poket calculator.

Écrit par : Karl | 30/11/2009

je reconnais bien la fille douée et passionnée que j ai rencontrée un beau jour de juillet dans une capitale qui nous est chère

beau travail motek

Écrit par : yoni | 11/12/2009

Les commentaires sont fermés.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu