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24/03/2009

Jospin sait-il parler aux jeunes ?

L’institut d’études politiques de Lille est bloqué depuis maintenant deux semaines. Les manifestants se sont pourtant respectueusement écartés pour laisser entrer l’ancien premier ministre dans un amphi débordant de monde. Le thème choisi était « Quel monde après la crise ? », mais il a été rapidement écarté par des étudiants plus avides de perles politiques que de leçons d’économie.

Lionel Jospin (biographie par LCI ici) aime se décrire comme "un austère qui se marre". Il faut le regarder s'ouvrir petit à petit, passer la crispation initiale et attendre qu'il se sente assez à l'aise au milieu de cette assemblée d'étudiants. La preuve en huit vidéos.

18h00. Il est arrivé entre les bannières de l’IEP bloqué et les chants anti-Pécresse. Le visage fermé, quasi angoissé.

18h15. La conférence commence par un cours d’économie sur les origines profondes de la crise. Austère.


18h25. A ce stade, les tentatives d’humour sont encore laborieuses. Voici une vraie « blague d’économiste » que les détracteurs d’Alan Greenspan apprécieront, les autres peut-être moins.


18h50. Les premières questions lancent Jospin sur le rôle du FMI. Il constate, triomphant, le retour de l’Etat dans l’économie, et octroie au passage quelques éloges à son directeur Dominique Strauss-Kahn.

19h15. La conférence était ouverte à tous… Même à d’anciens punks un peu remontés. L'ancien premier ministre s'en sort avec une étonnante aisance.

19h35. Clin d’œil à son lointain passé révolutionnaire, une étudiante veut changer le monde. Chiche, lui répond-il.


19h50. Les étudiants organisateurs du blocage sont au fond de la salle. Lionel Jospin, lui, trouve un peu court le rapprochement entre la loi Pécresse et le processus de Bologne (Erasmus et passage au système des masters). Un lapsus, et voilà l’occasion de parler football.

20h10. Alors les étudiants, satisfaits ?

Clara Tomasini (et Léa Zilber)

L’hostilité de l’IRA-Continuité fragilise le processus de paix

 

Ce mardi, un adolescent de 17 ans a été inculpé pour le meurtre d’un policier à Craigavon, au nord-ouest de Belfast. Une attaque rev2009-03-10T162611Z_01_APAE52919NQ00_RTROPTP_3_OFRTP-GB-ULSTER-REVENDICATION-20090310.JPGendiquée par l’IRA-Continuité, groupuscule dissident de l'IRA. Deux jours plus tôt, deux soldats britanniques avaient été déjà été abattus à Massereene.

C’est une série d’attaques qui rappelle à l’Irlande du Nord son passé cauchemardesque, pourtant presque oublié après plus de dix ans de paix. Un policier a été tué lundi 9 mars, alors qu’il était avec sa patrouille dans la ville de Craigavon, au nord-ouest de Belfast. L'attaque a été revendiquée le 10 mars par l’IRA-Continuité. Deux jours avant, le samedi 7 mars, deux soldats britanniques avaient été tués devant une caserne de l’armée britannique à Massereene. Une attaque revendiquée par l’IRA-véritable, autre groupuscule opposé au processus de paix.



Ces deux groupuscules ont gagné en puissance au cours des derniers mois. L’an dernier, l’IRA-Continuité a été responsable d’une série d’attaques, notamment en posant une bombe à proximité d’un véhicule de police. Cet attentat n’avait pas fait de blessé grave. L’IRA-Véritable, quant à elle, avait sérieusement blessé un policier en mai  2008.  La Commission indépendante de surveillance considère que cette branche de l’IRA est derrière « la vaste majorité des attaques républicaines » .

Pour la plupart composé d’anciens de l’Armée républicaine irlandaise, les deux groupuscules refusent le processus de paix signé en 1998.  Pendant quelques années, ces groupuscules paraissaient s’être transformer en clan mafieux responsable de contrebande et enlèvements, mais depuis plus d’un an ils sembleraient qu’ils aient trouvé une nouvelle force.

L’explication pour cette nouvelle vigueur est à chercher du côté politique :  Désormais représentant de l’autorité officielle depuis 2007, le Sinn Féin se partage le pouvoir avec les unionistes. Une situation pleine de contradiction avec ce processus de réunification pour les plus jeunes militants républicains.

« Il n’y aura pas de retour au passé »

La classe politique a assuré le lendemain même de l’assassinat du policier que l’Irlande du Nord ne renouera pas avec son passé violent. « Pas de retour au passé » a également déclaré Gordon Brown, Premier ministre britannique tout en condamnant les «meurtriers» qui ont fait feu sur les policiers. Selon lui, ils «tentent de dénaturer, de faire dérailler et de détruire le processus politique qui fonctionne pour la population d’Irlande du Nord». Les habitants de la province britannique «ne veulent pas revenir au temps où les armes à feu régnaient dans la rue», a-t-il ajouté.



Gerry Adams, le leader du Sinn Fein, qui partage le pouvoir avec les protestants du Parti unioniste démocrate au sein du gouvernement régional, a lui aussi assuré que les républicains dissidents ne disposaient d’aucun soutien au sein de la population.
Shaun Woodward, ministre britannique pour l’Irlande du Nord, quant à lui, a souligné l’importance de différencier les derniers attentats avec ceux des années 70 et 80. Il a assuré que les morts débuts du mois de mars n’avaient rien en commun avec les conflits interconfessionnels il y a trente ans. « C’est vraiment différent du passé. Aujourd’hui l’Irlande du Nord est unie » face à la menace terroriste, a-t-il confirmé en faisant allusion au partage du pouvoir entre le Premier Ministre protestant Peter Robinson et le vice-Premier ministre catholique Martin McGuinness, ancien dirigeant de l’IRA.

1190974445_955b93db6e_o.jpg Cependant, on aurait tort de minimiser les meurtres qui ont eu lieu en début mars. Il s’agit des premiers meurtres depuis les accords du Vendredi-Saint signés le 10 avril 1998. Mais il semblerait également illusoire de croire, après trente ans de conflits et plus de 3 500 morts, qu’un accord sur le partage du pouvoir, mis en place en mai 2007, suffise à apaiser les blessures de ces années de violences. En effet, la commission indépendante de surveillance, a estimé que la menace provenant des groupes dissidents, mais aussi des paramilitaires unionistes, est « sérieuse et continue ». Le MI5, le service de renseignement britannique, continue à consacrer 15 % de son budget à la lutte antiterroriste en Irlande du Nord. Le processus de normalisation en Irlande du Nord sera donc encore long. D’autant plus que l'action du gouvernement est, pour le moment, encore considéré comme inefficace. Cette inefficacité se révèle notamment dans la gestion de la police, toujours assumée par Londres. Dans ce domaine, le gouvernement n’a pas encore réussi la mise en œuvre d’un accord, ce qui laisse l’impression d’indécision institutionnelle.

 

 

 

 

A lire aussi :

L'histoire sanglante de l'Irlande du Nord sur LePoint.fr

Trois cents militants encore actifs en Ulster sur L'Express.fr

L'enfance portée aux nues

picture.jpgNue, le corps entièrement huilé et le visage très maquillé, Brooke Shields a un regard pénétrant, légèrement par en-dessous. Troublante, émergeant d'un nuage de fumée, elle a 10 ans sur ce cliché pris par Gary Gross en 1975.

Trois ans plus tard, elle incarne une prostituée de 12 ans dans le film très controversé de Louis Malle Pretty Baby.

Jusqu'au 24 mai se tient à la Bibliothèque Nationale de France «Controverses, photographies à histoires», une exposition présentant 73 photographies ayant soulevé en leur temps des problèmes éthiques, moraux ou juridiques.

Jock Sturges, Annelies Strba, Lewis Caroll... autant d'artistes à avoir dénudé l'enfance dans leur oeuvre photographique. Au-delà de la nudité, ce sont les comportements aguicheurs, ouvertement provoquants, séduisants qui perturbent. Où est la lisière entre art et perversité? Quand est-ce que l'intégrité de l'enfant est bafouée et qu'il est pris comme un objet? L'art permet-il de tout oser?

En littérature, cinéma, musique, photographie, peinture... Les artistes ont choqué l'opinion publique par ce rôle ambigu donné aux enfants. Est-ce "les bonnes gens" qui sont puribonds et moralisateurs où les artistes qui, flirtant avec la pédophilie, dépassent les bornes? A vous de juger.

Photographie

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La petite sur la photo est Eva, la fille de la photographe Irina Ionesco.-3.jpg

Cette Française d'origine roumaine née en 1935 est surtout connue pour les photos qui mettent en scène sa fille entre 5 et 11 ans.

Ce travail très controversé a commencé en 1965 et aboutit en 2004 à un ouvrage regroupant 124 clichés d'Eva.

 

 

 

  • Lewis Carroll

-4.jpgVous connaissez Alice au Pays des Merveilles. Mais savez-vous que pendant toute son enfance une véritable petite fille, Alice Liddell, fut la muse de l'écrivain Lewis Carroll? A la naissance de la photographie, dans la deuxième moitié du XIXe, l'écrivain fut renommé pour son talent de photographe amateur. Son sujet de prédilection? Les petites filles.

 

Peinture

Balthasar Kłossowski de Rola est un peintre figuratif français qui a traversé le XXe siècle, né en 1908 il meurt en 2001. Cet enfant d'artistes-5.jpg polonais et russes, amis de Rilke et André Gide fut proche du mouvement surréaliste. La Leçon de guitare de 1934 est sans doutes son oeuvre la plus célèbre, elle provoqua d'intenses controverses par son exposition d'une scène sexuellement explicite.

Dans une lettre à Antoinette de Watteville, sa future femme, il en parle en ces termes : "Je prépare une nouvelle toile. C'est une scène érotique [...] Je veux déclamer au grand jour, avec sincérité et émotion, tout le tragique palpitant d'un drame de la chair, proclamer à grands cris les lois inébranlables de l'instinct. Revenir ainsi au contenu passionné d'un art. Mort aux hypocrites! Ce tableau réprésente une leçon de guitare, une jeune femme a donné une leçon de guitare à une petite fille, après quoi elle continue à jouer de la guitare sur la petite fille. Après avoir fait vibrer les cordes de l'instrument, elle fait vibrer un corps."

Poésie

  • Baudelaire

Balthus s'inspire entre autres de la poésie et du poème "Lesbos" des Fleurs du mal interdit en 1857 :

"Lesbos, terre de nuits chaudes et langoureuses,

qui font qu'à leurs miroirs, stérile volupté!

Les filles aux yeux creux, de leur corps amoureuses,

Caressent les fruits mûrs de leur nubilité".

Littérature

  • Vladimir Nabokov

«Il n'est pas sûr que Lolita trouverait un éditeur aujourd'hui» estimait l'écrivain Alain Robbe-Grillet. Le roman décrit la relation amoureuse et sexuelle entre Humbert Humbert et la jeune fille de 12 ans et demi Dolores Haze. Humbert Humbert est une pédophile assumé, plutôt un "nympholèpte" comme il se décrit, un personnage décrié dans la littérature moderne. Lolita a été repris au cinéma en 1962 par Stanley Kubrick et en 1997 par Adrian Lyne.

  • Ecrits pédophiles et censure

En 2002, le procureur de la République interdit la publication de Rose bonbon de Nicolas Jones-Garlin. Le roman met en scène un narrateur pédophile, amateur de très jeunes filles de 6-7 ans. " Il faut prendre le livre au second degré, il y a un côté humoristique ", dit-on chez Gallimard.

daniel-cohn-bendit-danny-the-red-parigi-14-maggio-1968.1203589748.jpgL'homme politique Daniel Cohn-Bendit est lui aussi, en 2001, d'une vive polémique. avec l'exhumation d'un livre de 1975, Le grand bazar. Il y parle de son activité d'éducateur dans un jardin d'enfants «alternatif» à Francfort : «Il m'était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais: "Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m'avez-vous choisi, moi, et pas les autres gosses?" Mais s'ils insistaient, je les caressais quand même».

Il y a fiction et réalité. Mais où s'arrète la littérature? De quelle nature est le journal intime? La frontière entre le roman et le compte-rendu est ténue et son franchissement met beaucoup de nos contemporains mal à l'aise. Mais la provocation n'est-elle pas l'amour chéri des artistes? Un zeste de musique pour nous le rappeller: "L'amour que nous ne ferons jamais ensemble est le plus beau le plus violent le plus pur le plus enivrant" chante une Charlotte Gainsbourg allongée et mi-nue à 13 ans dans Lemon incest.ser1.jpg

 

Léa Zilber

 

Pour aller plus loin :

"Le dernier tabou, la pédophilie"

par Marie Gobin
Lire, décembre 2001 / janvier 2002

16:07 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : exposition, art

 
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