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24/03/2009

Top 10 des parachutes dorés en France

Tour d’horizon des dix plus gros parachutes dorés français qui ont fait scandale. Ces sommes pharamineuses sont souvent accordées à de hauts dirigeants alors que leur entreprise accusent  des pertes tout aussi grandes.

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1 - Daniel Bernard, Carrefour, 38 millions d'euros (2005)

Daniel Bernard a été évincé pour n'avoir pas réussi à redresser les performances du groupe et son cours de Bourse. Il est parti avec un chèque de 29 millions d'euros au titre de « retraite chapeau » (revenus versés sous forme de rente ou en une seule fois comme complément de retraite) et d'une indemnité de trois ans de salaire, soit 9,8 millions d'euros.

 

elf.jpg2 - Philippe Jaffré, Elf France, 30 millions d'euros (2003)


Le PDG d'Elf Aquitaine démissionne suite au rachat de son groupe par TotalFina, mais en bénéficiant d'un parachute en or constitué d'indemnités de départ et de stock-options.

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3 - Jean-Marie Messier, Vivendi Universal, 20,5 millions d'euros (2002)

En juillet 2002, Jean-Marie Messier quitte la présidence de Vivendi après avoir contribué aux pertes abyssales de son groupe. Vivendi déclare des pertes records, les plus importantes jamais enregistrées par une société basée en France.

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4 - Antoine Zacharias, Vinci France, 13 millions d'euros (2007)

Il démissionne du groupe Vinci avec un parachute doré de 13 millions d'euros et bénéficie d'une retraite garantie de la moitié de son dernier salaire, soit 2,5 millions d'euros par an, des jetons de présence et des plus-values sur 12 millions d'actions.

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5 - Noël Forgeard, EADS, 8,5 millions d’euros (2006)

Lorsque Noël Forgeard quitte EADS, le parachute doré de 8,5 millions d'euros qui lui est versé fait scandale. En effet, l'entreprise est en crise, la prime des employés s'élève à 2,88€ en moyenne (relevée à environ 1000€ par la suite) et la filiale Airbus prévoit de supprimer 10 000 emplois en Europe.

lucent.jpg6 - Patricia Russo, Alcatel, 6 millions d'euros (2008)

Suite au rachat de l’américain Lucent par le français Alcatel en 2006, Patricia Russo, ancienne directrice générale de Lucent est devenue directrice générale de la nouvelle société. Après deux années au bilan médiocre, Patricia Russo et Serge Tchuruk, le président du conseil d’administration, ont tout deux donné leur démission au moment où l’entreprise présentait un bilan négatif de 1,1 milliard d’euros. Elle quitte son poste en septembre 2008, avec 6 millions d’euros en poche.
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7 - Serge Tchuruk, Alcatel, 5,7 millions d’euros (2008)

Lorsqu'il quitte la direction générale d'Alcatel, le PDG du groupe franco-américain reçoit une prime de 5,7 millions d'euros.

valeo.jpg8 - Thierry Morin, Valeo, 3,2 millions d’euros (2009)

Le PDG, à la tête de l’équipementier automobile depuis 20 ans, devrait quitter l’entreprise avec un chèque de 3,2 milllions d’euro si le pactole est approuvé par l’assemblée générale des actionnaires. Un bonus généreux alors que l’entreprise a perdu 207 millions d’euros en 2008 et que 1600 suppressions d’emplois sont en cours

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9- Denis Gautier-Sauvagnac, UIMM, 1,5 million d’euros (2008)

L’ancien président de l'Union de l'industrie et des métiers de la métallurgie (UIMM) avait négocié une indemnité de départ de 1,5 million d'euros après des retraits suspects dans les caisses (19 millions d'euros) entre 2000 et 2007.

 

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10 –Daniel Bouton, Société Générale, 1,3 millions d’euros (2008

L’ancien PDG de la banque a encaissé une plus-value de 1,3 million d’euros sur des stock-options, alors que la Société générale accusait la perte de 4,9 milliards d’euros suite à l’affaire Jérôme Kerviel.

 

 

LS

 

Ces fortes têtes qui nous font défaut

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Depuis la disgrâce de David Trézeguet, les grands attaquants capables de jouer de la tête ne sont pas légion en équipe de France. La sélection du parisien Guillaume Hoarau rompt avec une longue période de disette pour les amateurs de grand échalas.

«Il a vraiment du potentiel dans le jeu aérien. » Avant même de l’avoir convoqué chez les Bleus, Raymond Domenech avait assigné à Guillaume Hoarau le rôle ingrat de « grand » de l’équipe. Si l’attaquant du PSG remplace numériquement Nicolas Anelka, blessé, il inaugure presque un poste inconnu en équipe de France : celui de l’attaquant de plus d’1m90 capable de jouer en pivot.

Ces dernières années, les adversaires de l’équipe de France ont souvent utilisé cette arme relativement peu élégante mais souvent efficace. Après les tchèques et leur précurseur Jan Koller (2m02), les Autrichiens nous ont infligé le fin Marc Janko (1m96) et son but assassin de Vienne avant que les Serbes ne nous fassent découvrir le subtil Nikola Zigic (2m05).

La sélection de Guillaume Hoarau (1m92) aura donc au moins le mérite d’offrir matière à réflexion sur le thème « les grands bourrins savent aussi jouer avec leurs pieds ». « Il fait parfois des gestes techniques incroyables qui peuvent être intéressants pour l'avenir de l'équipe de France» rappelait d’ailleurs le sélectionneur français.

Le bilan du numéro 9 du PSG semble donner raison à Raymond Domenech. Sur les quinze buts inscrits par l’attaquant réunionnais cette saison, 6 l’ont été du pied droit, 4 du pied gauche et 5 de la tête. Paradoxalement, le toulousain André-Pierre Gignac (1m86) a été moins complet. La totalité de ses 17 buts cette saison ont été marqués du pied droit.

Le remplaçant de Nicolas Anelka chez les Bleus a donc un jeu à contre-emploi. En plus d’un parcours atypique. Car comme aucun autre international français depuis Laurent Robert, Guillaume Hoarau a appris le football à St Pierre de la Réunion (voir vidéo).

On lui souhaite un destin en bleu plus durable que son prédécesseur réunionnais aux 9 sélections (1 but) sous le maillot bleu.

Jean-Baptiste Renaud

15:23 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

Statistiques ethniques, le concept qui passe mal

 


«Statistiques ethniques». De droite ou de gauche, voilà un appareillage de mots qui ne plaît pas au Français. Le sujet revient régulièrement dans l’actualité, suscite les émois, provoque les querelles. C’est aujourd’hui Yazid Sabeg et son rapport sur les statistiques ethniques qui sont à l'origine de la polémique. Nommé il y a trois mois par Nicolas Sarkozy, le commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances en a fait la proposition et prévoit de le mettre en œuvre dans le cadre de son plan d’action pour l’égalité des chances. Il a nommé ce lundi un comité d’experts "pour la mesure et l'évaluation des discriminations et de la diversité". Composé d’une trentaine de personnes, il est présidé par François Héran, le directeur général de l’Institut national d’études démographiques (Ined).

Seulement voilà : les Français n’aiment pas qu’on les distingue en fonction de leur origine. Les «républicains» des deux camps s’y opposent au nom de la défense du principe constitutionnel d’égalité devant la loi. De Fadela Amara, secrétaire d’Etat chargée de la politique de la ville, à Malek Boutih, membre du bureau national du PS, en passant par l'Union des Etudiants Juifs de France (UEJF), SOS Racisme, Ni Putes Ni Soumises (NPNS) et le Haut Conseil à l'Intégration (HCI), tous ont exprimé leur désaccord. Louis Sweitzer, président de la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité (Halde) combat farouchement la mesure, et depuis longtemps. La présidente de NPNS, Siham Habchi, a même présenté Yazid Sabeg comme un "cheval de Troie des communautaristes" en France.

Les raisons fusent pour réaffirmer l’opposition de chacun à toutes formes de statistiques ethniques.

Une des plus virulentes contre les mesures proposées par Yazid Sabeg, c'est Fadela Amara, sa collègue au gouvernement:« Les statistiques ethniques, la discrimination positive, les quotas sont une caricature. Notre République ne doit pas devenir une mosaïque de communautés. Plus personne ne doit porter l’étoile jaune ». Le concept de statistiques ethniques semble donc d’abord délicat à proposer parce qu’en mesurant et en classant les gens par types, il fait revivre trop directement certains des moments les plus sombres de l’Histoire.

Mais sur le fond même, ces statistiques ethniques interpellent : pourquoi cet outil de mesure ? Invité du 7-10 de France Inter lundi matin, Yazid Sabeg explique qu’il estime peu efficace l’action publique menée aujourd’hui contre les discriminations directes et indirectes.

 

 

 

Pour le commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances, le seul moyen de les combattre est de les mesurer, d’en faire une véritable photographie. «On a du mal a regarder la réalité en face dans ce pays », juge-t-il. «La population a changé et une tranche de cette population se sent discriminée, se sent considérée comme illégitime». 

Mais alors autre problème : comment mesure-t-on ces discriminations? Yazid Sabed propose de baser ces mesures sur le «sentiment d'appartenir à une communauté». Il entend les mettre en pratique dans le cadre d’enquêtes anonymes, sur la base du volontariat et du principe de l’auto déclaration. Sans référence au lieu de naissance, à la nationalité des parents, au patronyme. Selon le commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances ces données sur l’origine renvoieraient à «un statut d’étranger héréditaire» qu’il déplore. C’est donc  le  "ressenti" des interviewés sur leur caractère ethnique qui doit être pris en compte. Or beaucoup des voix qui s’élèvent contre lui dénoncent la subjectivité de cette approche. «Peut-on demander à quelqu'un s'il se sent blanc, noir, mais aussi juif, musulman, arabe ou asiatique? » s’interroge Carine Fouteau dans Mediapart.

Bernard Guetta soulevait une autre question hier dans la matinale de France Inter. Selon le chroniqueur, la France n’ayant pas, comme aux Etats-Unis par exemple, des communautés de latinos américains, de mexicains, etc. mais bien une «communauté nationale de Français», il est impossible de compter à proprement parler ces dites «communautés». «Hyprocrisie» rétorque Yazid Sabed: «Les phénotypes sociaux existent. Dire “nous sommes une seule communauté donc il n’y a pas de racisme”, ça ne fonctionne plus».

Patrick Lozès, président du CRAN (Conseil représentatif des associations noires de France) est une des rares voix à soutenir explicitement la mesure. Sur son «Blog de la diversité», il dénonce «la légèreté ou la malhonnêteté» des positions qui s’élèvent contre les statistiques ethniques. Et rappelle que «les statistiques de la diversité sont indispensables, car elles sont le seul instrument de mesure possible des discriminations indirectes, les plus nombreuses, les plus criantes et les plus graves».

En attendant, le président de la République est-il toujours si favorable au projet ? «Absolument», a répondu M. Sabeg sur France Inter. Mais pas si sûr. Le rendez-vous d’abord fixé au 20 mars par Nicolas Sarkozy a été remis à plus tard. «Ce n’est qu’une question de jours», continue d’ affirmer l’invité de Nicolas Demorand. Nicolas Sarkozy a certes jugé nécessaire que la France se dote de nouveaux outils statistiques pour mesurer la diversité. Mais il est dernièrement revenu sur certaines de ses positions et cela n’a rien de rassurant pour le commissaire à la Diversité et à l’Egalité des chances. D’abord partisan d’une politique de discrimination positive fondée sur des critères ethniques, il a écarté en décembre toute perspective de politique de quotas en faveur des minorités visibles. Les conclusions de la commission Veil y est sans doute pour quelque chose : elles s’opposaient à la discrimination positive dans la Constitution.

La position de Nicolas Sarkozy ne semble donc pas tranchée. S’il suit l’avis de Yazid Sabeg, ce sera aux députés et sénateurs de s’atteler à leur tour au sujet. Polémiques de taille à l’horizon.

 

Aurylia Rotolo

 

Pour aller plus loin:

 

Lire le rapport complet du Comité présidé par Simone Veil: "Redécouvrir le Préambule de la Constitution". Cliquez ici (format PDF):

http://lesrapports.ladocumentationfrancaise.fr/BRP/084000...

Lire le rapport du Bureau International du Travail sur les discriminations à raison de "l'origine" dans les embauches en France. Cliquez ici (format PDF):

http://www.ilo.org/public/french/bureau/inf/download/disc...

Lire le rapport 2007 de la CNIL sur la mesure de la diversité et la protection des données personnelles. Cliquez ici (format PDF):

http://www.cnil.fr/fileadmin/documents/approfondir/dossie...

Lire le communiqué de presse du Conseil Constitutionnel sur la loi relative à la maîtrise de l'immigration, à l'intégration et à l'asile. Cliquez ici:

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutio...

Lire le bulletin mensuel d'information de l'Ined: "Comment décrire la diversité des origines en France?"

http://www.ined.fr/fichier/t_publication/1198/publi_pdf1_...

Lire la lettre de Patrick Weil, publiée dans Mediapart, expliquant à Yazid Sabeg pourquoi il refuse de participer au comité mis en place par ce dernier lundi 20 mars. Cliquez ici:

http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-media...

Lire la réponse de Yazid Sabeg à Patrick Weil, publiée dans Médiapart. Cliquez ici:

http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-media...

 

 

 

 

 
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