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23/03/2009

Retour sur la folie netbook

amd_netbook.jpg En 2007, le constructeur d'ordinateur Asus lançait un ordinateur d'un nouveau genre : le Eee 701. Petit, léger, et surtout à 300€, ce premier « ultra-portable low-cost » a ouvert la voie à une nouvelle génération d'ordinateurs qui a progressivement envahi les rayons des magasins, les netbooks. L'année 2008 fut la consécration de ces modèles que toutes les marques se sont mises à décliner à leur sauce devant la rentabilité et la potentialité du marché. Plus de 100 modèles étaient ainsi recensés début 2009, en plus des populaires Asus Eee 901, Acer Aspire One et Dell Inspiron Mini. L'institut IDC estime que 30% des ordinateurs portables vendus en Europe l'année dernière étaient des netbooks. En octobre 2008, Asus annonçait quatre millions d'EeePc vendus dans le monde en un an, et une progression annuelle du chiffre de vente de la marque de 338%  rien qu'en France.


Pourquoi ça marche ?

Le succès de ces modèles réduits tient à une approche fondée sur l'usage réel et non la performance de l'informatique. Avec l'Eee PC, Asus a parié sur des clients intéressés par des machines simples et nomades, capables d'aller sur internet, d'envoyer des mails, d'écrire du texte, de regarder des DivX... Soit un outil à la croisée de la station de travail, du téléphone et du baladeur multimédia, qui conserve la souplesse d'un ordinateur : son clavier, son écran, sa possibilité d'installer des logiciels et de retrouver une interface internet comme à la maison.

Le fabricant chinois Lenovo vante les possibilités d'un netbook avec rien de moins qu'un court-métrage. Notez le coeur de cible publicitaire: l'étudiante lambda.

 

Attention, les netbooks ne sont clairement pas conçus pour être les ordinateurs principaux des utilisateurs, mais plutôt pour devenir le petit second capable de les suivre au travail, en amphi ou dans le train sans encombrement. D'où son prix, étudié pour ne pas être prohibitif alors que beaucoup de gens possèdent déjà un ordinateur. Mais, en contexte de crise, la promesse d'un ordinateur portable complet pour moins de 400€ a également séduit les budgets serrés.

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Et en plus, il rend sexy


Cette approche et les contraintes budgétaires du « low-cost » ont rapidement conduit à la standardisation du matériel utilisé : le processeur Intel Atom (spécialement conçu pour les Netbook, à la consommation électrique réduite), un écran 8, 9 ou 10 pouces (format A5), 512 ou 1024 Mo de mémoire vive, une carte Wifi de base, un disque dur de 160Go ou des cartes de stockage SSD de type flash de 4, 8, 16 ou 20Go. Des spécifications qui n'ont rien à voir avec les standards actuels des ordinateurs de moyenne gamme, qui rivalisent en processeurs et cartes graphiques pour applications gourmandes (jeux, édition vidéo/photo), en stockage ou en gadgets (lecteurs Blu-Ray, graveurs DVD, reconnaissance tactile...). Ils font également pâle figure aux côtés des ultra-portables classiques (MacBook, Vaio...) qui coûtent cependant quatre fois plus cher.

Mais un netbook n'est pas là pour être performant : ce qui attire le consommateur est la simplicité, et la promesse d'un usage courant et permanent de l'informatique. Les systèmes d'exploitation Linux, qui remplacent souvent Windows sur ces machines pour économiser 100€ à l'acheteur, ont ainsi été adaptés pour des utilisateurs qui ne veulent pas se prendre la tête avec des programmes qu'ils ne maîtrisent pas.

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L'interface Linux Ubuntu du Eee Pc: de grosses icônes, et un menu réduit à "Internet, Travail, Jeux"

Les constructeurs jouent également à fond la carte de l'outil ultime du multimédia, qui permet une connexion permanente à internet. Le succès des netbooks en France est largement du aux offres proposées par les opérateurs Orange, SFR et Bouygues qui proposent des packs netbooks + clé 3G à des prix attractifs, avec un forfait qui utilise le réseau téléphonique pour surfer sur le net.

Les limites

Les netbooks sont cependant loin d'être des machines parfaites. Des problèmes persistent: celui de la taille, tout d'abord, qui rebute plus d'un novice et tous ceux qui ne veulent pas abandonner le confort d'un clavier et d'un écran standard. En outre, la majorité des batteries actuelles ne proposent en moyenne que 2 ou 3 heures de batterie. C'est peu, très peu au regard de l'usage prôné pour ces ordinateurs.

Des défauts que s'acharnent à résoudre les constructeurs, qui promettent pour 2009 des dizaines de modèles incorporant les innovations au service de la mobilité : meilleures batteries, optimisation matérielle et même intégration d'écrans tactiles, à l'image des téléphones mobiles. Bref, on n'a pas fini d'entendre parler des netbooks...

Sites conseillés: Blogeee et Laptopspiritpour des tests, des guides d'achat et de l'actualité sur les netbooks

 

Michaël Szadkowski

Hadopi peine à s'exporter

Le débat sur la loi Hadopi agite la toile française. Ce texte prévoit l’adoption de la riposte graduée : lorsqu’un internaute se fait prendre en train de télécharger illégalement, il se verra avertir deux fois, avant de voir son abonnement internet lui être coupé s’il récidive. D’autres pays songent ou ont songé à adopter une législation similaire, dans le but de lutter contre le piratage des œuvres culturelles. Et bien souvent, l’échec est au rendez-vous. Petit tour d’horizon des lois et de la mobilisation des internautes.

Ils légifèrent

drapeau_suedois.jpgSuède
Le Parlement suédois a voté un texte qui vient durcir la législation contre le piratage sur Internet. La loi stipule que tout ayant-droit soupçonnant un internaute de l’avoir piraté pourra obtenir du tribunal son adresse IP via le fournisseur d’accès -FAI- (jusqu’ici, seuls la police ou un procureur pouvaient faire une telle demande). Le pirate, s’il est reconnu coupable, pourra recevoir une simple lettre d’avertissement ou écoper d’une amende. La coupure d’accès à Internet n’est pas prévue.
Les internautes et les citoyens suédois sont contre cette loi, et s’organisent autour du mouvement Stoppa IPRED.

Ils font demi-tour

australie.jpgAustralie
Le Ministre des Communications et de l’Economie numérique, Stephen Conroy, souhaite obliger les FAI à bloquer un certain nombre de sites placés dans une liste noire. Cette liste, gardée secrète, sera établie par une autorité gouvernementale, l’ACMA (Australian Communications and Media Authorities). Deux types de filtrages sont prévus. L’un à l’égard des enfants, sorte de contrôle parental qui pourra être déverrouillé par un adulte, et un filtrage qui s’appliquera pour tous les internautes australiens envers les sites «déviants». Quels seront-ils ? La question est grande ouverte. Stephen Conroy évoque les sites pédophiles, mais aussi «d’autres contenus indésirables».
Les réactions ne se sont pas fait attendre. Les associations (notamment No Clean Feed) craignent une censure du net et dénoncent un projet liberticide. Les internautes ont manifesté en masse le 13 décembre dernier sous le mot d’ordre « Save the Internet »

Les FAI dénoncent eux aussi un projet irréaliste techniquement et économiquement. Selon les premiers tests, la vitesse de connexion serait ralentie d’en moyenne 30% (et jusqu’à 87%), tandis que des dizaines de milliers de pages seraient bloquées par erreur. Seuls six fournisseurs d’accès mineurs ont accepté de participer à une phase de test.
Face à cette opposition et aux nombreuses lacunes techniques du projet, ce dernier est sans cesse repoussé.

uk.jpgRoyaume Uni
Alors que le pays était bien parti pour adopter la riposte graduée, il a soudainement fait volte face. Le gouvernement britannique a annoncé qu’il était hors de question de couper l’accès à Internet aux abonnés qui téléchargent illégalement. "Nous ne pouvons pas avoir un système dans lequel on parle d'arrêter des adolescents dans leur chambre à coucher", a en effet tranché le ministre britannique en charge de la propriété intellectuelle, David Lammy (photo ci-contre), dans un entretien accordé au Times.
Ce qui n’empêche pas le Royaume Uni de disposer d’un système de filtrage des sites indésirables. Ce travail est fait par l’Internet Watch Foundation (IWF), qui est chargé de surveiller et de rapporter les contenus en ligne illégaux (principalement la pédophilie).
Ce système a engendré une belle panique en décembre dernier. La IWF avait signalé une page Wikipédia publiant la photo de l’album de Scorpions, Virgin Killer, mettant en scène une (très) jeune fille nue. Aussitôt la page a été interdite. Problème, cela a empêché tous les internautes anglais de mettre en ligne ou de corriger du contenu sur Wikipedia (explications ici). Le même problème a eu lieu au Qatar quelques mois plus tôt.

nzeland.pngNouvelle Zélande
La figure de proue de la riposte graduée a été contrainte de faire machine arrière face aux protestations des internautes. La «section 92a» prévoyait de couper l’accès au réseau aux internautes étant reconnus coupables de piratage. Très vite, les internautes et les associations se sont organisés pour manifester leur mécontentement. Manifestations dans tout le pays, pétition (18 000 signataires), et surtout, un «black out» du web neo-zélandais.

Le premier ministre John Key a annoncé le 23 février dernier que la section 92a était suspendue. Il donne jusqu’au 27 mars aux industries culturelles et aux industries des télécoms pour se mettre d’accord sur un code de bonnes pratiques afin d’éviter toute dérive. Celui proposé par les fournisseurs d’accès, très restrictif, ne plaît pas aux industries culturelles … En cas de non-accord, la section 92a sera purement et simplement abandonnée.

Ils sont contre

allemagne.gifAllemagne
« Je ne crois pas qu’Olivennes soit un modèle pour l’Allemagne, voire pour toute l’Europe ». La ministre fédérale de la justice, Brigitte Zypries, ne mâche pas ses mots face à la riposte graduée à la française. Selon elle, ce système va à l’encontre des dispositions locales de protection des données et au secret des télécommunications. «Je pense que le blocage de l’accès à Internet est une sanction tout à fait inacceptable. Elle serait, constitutionnellement et politiquement, très difficile», a déclaré Brigitte Zypries.

norvege.jpgNorvège
Le ministre de l’Education et de la Recherche norvégien, Bard Vegar Solhjell, est en faveur de la légalisation du peer to peer, et la mise en place d’un système de licence globale.

Sur son blog, le ministre rappelle que "tous les progrès technologiques ont engendré des craintes sur la survie de l'ancien format. Mais la télévision n'a pas tué la radio, le Web n'a pas tué le livre, et le téléchargement ne va pas tuer la musique". "Au contraire", assure-t-il, "le Web est génial pour la diffusion de la musique et des autres arts. Les artistes peuvent plus facilement faire connaître leurs oeuvres, et vous pouvez accéder à toute la musique du monde quand vous le souhaitez. C'est fantastique !".

Chloé Woitier

Coup d’épée dans l’eau pour les Mousquetaires

 

mousquetaires.jpg

C’était la grande idée de la Fédération française de tennis pour 2009. Comparer les quatre jeunes perles du tennis français, Jo-Wilfried Tsonga, Richard Gasquet, Gaël Monfils et Gilles Simon aux illustres mousquetaires de la fin des années 1920. Mais pour l’instant, en guise de roman d’aventure, les fans de tennis ont droit à des prestations aventureuses.

Le tournoi d’Indian Wells qui s’est achevé ce dimanche par la victoire de Rafael Nadal a eu le mérite de refléter tout à fait la physionomie du début de saison. Un numéro un mondial déjà en forme, un Andy Murray tonitruant, un Federer de plus en plus friable et des Français hors du coup. Aucun tricolore n’a franchi le 3e tour du tournoi californien, laissant les pointures du circuit mondial se disputer la victoire. Il y a quelques mois pourtant, les tennismen français jouaient les trouble-fête et s’invitaient régulièrement dans le dernier carré des grands tournois ATP.

Plus symbolique encore, la dream team de coupe Davis composée des quatre mousquetaires a été éliminée dès le premier tour de la compétition après une défaite 3-2 en République Tchèque. Une mésaventure pas vraiment inédite dans l’histoire du tennis français, qui a connu autant de réussites que d’échecs dans cette compétition. Sauf que cette fois, la feuille de match composée de Simon, Gasquet, Tsonga et Llodra suffisait a priori à mettre la France à l’abri d’une élimination précoce. C’est du moins ce que l’on croyait. Après la victoire de Tsonga sur Stepanek (7-5, 6-2, 7-6 ) la France était même revenue à égalité 1-1. A la plus grande joie des quatre fleuretistes à raquette (voir vidéo).

«On avait une équipe très forte sur le papier, mais on avait une équipe qui avait un peu un comportement de juniors de Coupe Davis» déplorait même Patrice Dominguez, le directeur national du tennis Français. Car à l’image de la contre performance de Gilles Simon, les jeunes premiers connaissent aujourd’hui un retour de bâton presque aussi violent que leur rapide ascension.

Simon, le symbole


Après une saison aussi faste que surprenante en 2008, Gilles Simon avait plus à perdre qu’à gagner en 2009. Il a d’abord gagné, comme l’atteste son beau parcours à l’open d’Australie (1/4 de finale) . Il a ensuite égaré un peu de son jeu. A Marseille, à Dubaï, à Ostrava pour la coupe Davis ou à Indian Wells, le tennis du numéro 8 mondial a perdu, de son propre aveu, un peu de son âme. «Dans l'ensemble, j'ai joué plutôt à un bon niveau, mais j'aurais préféré jouer 15/2 et gagner le match» déclarait-il après sa deuxième défaite en coupe Davis.

Si les quatre mousquetaires ne brillent pas à l’unisson, leur bonne étoile de 2008 pâlit simultanément. A tel point que d’autres mousquetaires pas invités à la fête tirent eux aussi leur épingle du jeu en ce début de saison. Jérémy Chardy a ainsi accompagné les quatre mousquetaires jusqu’au bout de leur aventure californienne à Indian Wells. Mikaël Llodra quant à lui, s’est hissé jusqu’à la finale de l’open de Marseille. Il y avait été battu par Jo-Wilfried Tsonga. Signe que les quatre mousquetaires ne sont peut-être pas tout à fait prêts à ouvrir leur cercle de fines lames à des intrus.

En attendant, leur histoire continue de faire recette. Le 11 avril Canal + diffusera la deuxième partie de son documentaire "les quatre mousquetaires" qui croise les destins des quatre joueurs pendant toute la saison.

Jean-Baptiste Renaud

17:16 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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