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25/03/2009

Les MAP reviennent casser la baraque à frites

Les nordistes du Ministère des Affaires Populaires (MAP) sortent leur deuxième album "Les bronzés font du ch'ti" le 14 avril prochain. Un disque engagé de la première à la dernière note, la consécration après la révélation pour un groupe en passe de devenir les Zebda du hip-hop français.

map 1 credit pitinome.jpgLe Ministère sait recevoir. Pour faire écouter en avant-première leur nouvel album à la presse, pas de showcase privé à la FNAC ou de rendez-vous millimétré chez leur label PIAS. Non, MAP a décidé de recevoir les journalistes chez eux, au petit bar-pizzeria lillois "Restau Soleil" plusieurs fois menacé par la justice (le blog de soutien est ici), et dont les gérants sont des amis de longue date du groupe. L'ambiance est conviviale et détendue, café et thé sont à volonté. Dans l'arrière-salle où s'installent les musiciens entre posters du PCF et affiches de ragga, la discussion s'engage rapidement sur les pratiques des maisons de disque et sur le rap français. "Je m'en fous d'être pote avec les rappeurs, je fais pas de la zik pour leur plaire. Mes paires sont dans la lutte!" s'enflamme rapidement Saïdou, parolier et voix du MAP. "De toute façon notre rap sort des jalons du business imposé par les maisons de disque. Faut pas croire, les clips et les images de filles en maillot de bain, des grosses voitures etc.. sont négociés directement entre les chaînes et les producteurs. Le rappeur, il a pas la thune pour ça, et il est obligé d'accepter ces conditions, ces scénarios écrits à l'avance, lorsqu'il signe sur une major."

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La démarche de MAP selon Saïdou, avec des extraits du nouvel album (merci à Thomas Lelong pour les sons!)

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L'ambiance est posée: Saïdou, Hacène, HK (voix), Joeffrey (accordéon) et Stanko Fat (DJ) veulent plus que jamais faire passer leur message d'indépendance et leurs appels à la solidarité. C'est donc sans surprise que la première piste de l'album s'ouvre sur les propos d'un militant en manifestation, très acerbe contre les CRS, Nicolas Sarkozy et les patrons. "C'est l'retour du MAP / Non, rien n'a changé / On balance, dissidence et résistance" enchaîne Saïdou sur les scratchs de Stanko Fat. Et nos "bronzés" du Nord vont effectivement balancer, en ch'ti, en français ou en arabe, sur les ving titres de l'album. Aux sonorités world (djembé, raï, reggae...) se mêlent violon, accordéon et gros rythmes hip-hop pour un melting-pot d'influences joyeusement festif. Si la musique n'évolue pas fondamentalement par rapport au premier album, on reste convaincu par la solidité de la production, la cohérence des musiciens et de leurs mélodie. Et il est facile de constater, au bout de quelques compos, que l'ensemble a gagné en maturité et en dynamisme.

Côté lyrics, tous les sujets sensibles passent à la moulinette de rimes souvent humoristiques, qui visent juste et font mal aux travers de la société française. La colonisation sur "Ils disaient...", l'intégration sur "Gduferavek" ou "Chouffou ma sar", l'argent roi face à la misère sur "Combien ça coûte", ou encore la politique d'émigration du gouvernement sur le single "La Chasse est ouverte" (téléchargeable gratuitement ici): les années Sarko en prennent pour leur grade. L'auditeur ne sort pas une seconde de cette révolte plus sociale que politique, ce qui sera peut-être un frein pour les adeptes des musiques sans prise de tête. Mais les MAP ne cherchent pas à plaire à qui que ce soit: les déçus par cette démarche d'intégrité totale iront voir ailleurs. Les featurings sont là pour enfoncer le clou (notamment celui de la rappeuse marseillaise Keny Arkana sur "Appelle moi camarade"), et seul "Profession Saltimbanque" se recentre sur le parcours des poètes-musiciens (qui ne peuvent s'empêcher de scander le "motivés-motivés" de leurs grands frères Zebda).

Le clip de La chasse est ouverte

l_ab2b3e43ec4275ac011c1800a30cb2ae.jpgLe treizième morceau "Palestine", pierre anglaire de l'album, commence avec un chant raï d'adolescent. L'accordéoniste Jeoffrey revient entre humilité et fierté sur les circonstances de son enregistrement: "On était à Naplouse, après Gaza et Ramallah, et on est resté enfermé dans un hôtel lors d'une incursion israélienne. Il y'avait le jeune chanteur de l'association musicale qui nous avait fait venir, et il a posé sa voix comme ça, alors qu'on composait le morceau sans pouvoir sortir. On a enregistré avec les moyens du bord, et on a remixé tout ça à notre retour." Les rythmes dansants et les beats motivés se calment pour laisser place à une ambiance plus introspective, presque dramatique, à l'image du ressenti des MAP quant à la situation actuelle du peuple palestinien. HK et Saïdou reviennent sur leurs tournée dans la région en 2007 et 2008:


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De gauche à droite au premier plan: Jeoffrey, Stanko Fat, HK et Hacène (Palestine, été 2007)

L'écoute s'achève avec le titre bonus "Salutations révolutionnaires", déjà diffusé lors de la campagne présidentielle 2007 pour appeler au rassemblement de la gauche. Si on espère que "Les bronzés font du ch'ti" fonctionnera mieux que ce projet politique, une chose est sûre: les MAP frappent fort avec cet album, qui fera parler de lui chez tous les amateurs (gauchistes?) de hip-hop métissé. Chaleureusement recommandé!

 

Michaël Szadkowski

20:49 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (0)

24/03/2009

L'enfance portée aux nues

picture.jpgNue, le corps entièrement huilé et le visage très maquillé, Brooke Shields a un regard pénétrant, légèrement par en-dessous. Troublante, émergeant d'un nuage de fumée, elle a 10 ans sur ce cliché pris par Gary Gross en 1975.

Trois ans plus tard, elle incarne une prostituée de 12 ans dans le film très controversé de Louis Malle Pretty Baby.

Jusqu'au 24 mai se tient à la Bibliothèque Nationale de France «Controverses, photographies à histoires», une exposition présentant 73 photographies ayant soulevé en leur temps des problèmes éthiques, moraux ou juridiques.

Jock Sturges, Annelies Strba, Lewis Caroll... autant d'artistes à avoir dénudé l'enfance dans leur oeuvre photographique. Au-delà de la nudité, ce sont les comportements aguicheurs, ouvertement provoquants, séduisants qui perturbent. Où est la lisière entre art et perversité? Quand est-ce que l'intégrité de l'enfant est bafouée et qu'il est pris comme un objet? L'art permet-il de tout oser?

En littérature, cinéma, musique, photographie, peinture... Les artistes ont choqué l'opinion publique par ce rôle ambigu donné aux enfants. Est-ce "les bonnes gens" qui sont puribonds et moralisateurs où les artistes qui, flirtant avec la pédophilie, dépassent les bornes? A vous de juger.

Photographie

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La petite sur la photo est Eva, la fille de la photographe Irina Ionesco.-3.jpg

Cette Française d'origine roumaine née en 1935 est surtout connue pour les photos qui mettent en scène sa fille entre 5 et 11 ans.

Ce travail très controversé a commencé en 1965 et aboutit en 2004 à un ouvrage regroupant 124 clichés d'Eva.

 

 

 

  • Lewis Carroll

-4.jpgVous connaissez Alice au Pays des Merveilles. Mais savez-vous que pendant toute son enfance une véritable petite fille, Alice Liddell, fut la muse de l'écrivain Lewis Carroll? A la naissance de la photographie, dans la deuxième moitié du XIXe, l'écrivain fut renommé pour son talent de photographe amateur. Son sujet de prédilection? Les petites filles.

 

Peinture

Balthasar Kłossowski de Rola est un peintre figuratif français qui a traversé le XXe siècle, né en 1908 il meurt en 2001. Cet enfant d'artistes-5.jpg polonais et russes, amis de Rilke et André Gide fut proche du mouvement surréaliste. La Leçon de guitare de 1934 est sans doutes son oeuvre la plus célèbre, elle provoqua d'intenses controverses par son exposition d'une scène sexuellement explicite.

Dans une lettre à Antoinette de Watteville, sa future femme, il en parle en ces termes : "Je prépare une nouvelle toile. C'est une scène érotique [...] Je veux déclamer au grand jour, avec sincérité et émotion, tout le tragique palpitant d'un drame de la chair, proclamer à grands cris les lois inébranlables de l'instinct. Revenir ainsi au contenu passionné d'un art. Mort aux hypocrites! Ce tableau réprésente une leçon de guitare, une jeune femme a donné une leçon de guitare à une petite fille, après quoi elle continue à jouer de la guitare sur la petite fille. Après avoir fait vibrer les cordes de l'instrument, elle fait vibrer un corps."

Poésie

  • Baudelaire

Balthus s'inspire entre autres de la poésie et du poème "Lesbos" des Fleurs du mal interdit en 1857 :

"Lesbos, terre de nuits chaudes et langoureuses,

qui font qu'à leurs miroirs, stérile volupté!

Les filles aux yeux creux, de leur corps amoureuses,

Caressent les fruits mûrs de leur nubilité".

Littérature

  • Vladimir Nabokov

«Il n'est pas sûr que Lolita trouverait un éditeur aujourd'hui» estimait l'écrivain Alain Robbe-Grillet. Le roman décrit la relation amoureuse et sexuelle entre Humbert Humbert et la jeune fille de 12 ans et demi Dolores Haze. Humbert Humbert est une pédophile assumé, plutôt un "nympholèpte" comme il se décrit, un personnage décrié dans la littérature moderne. Lolita a été repris au cinéma en 1962 par Stanley Kubrick et en 1997 par Adrian Lyne.

  • Ecrits pédophiles et censure

En 2002, le procureur de la République interdit la publication de Rose bonbon de Nicolas Jones-Garlin. Le roman met en scène un narrateur pédophile, amateur de très jeunes filles de 6-7 ans. " Il faut prendre le livre au second degré, il y a un côté humoristique ", dit-on chez Gallimard.

daniel-cohn-bendit-danny-the-red-parigi-14-maggio-1968.1203589748.jpgL'homme politique Daniel Cohn-Bendit est lui aussi, en 2001, d'une vive polémique. avec l'exhumation d'un livre de 1975, Le grand bazar. Il y parle de son activité d'éducateur dans un jardin d'enfants «alternatif» à Francfort : «Il m'était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais: "Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m'avez-vous choisi, moi, et pas les autres gosses?" Mais s'ils insistaient, je les caressais quand même».

Il y a fiction et réalité. Mais où s'arrète la littérature? De quelle nature est le journal intime? La frontière entre le roman et le compte-rendu est ténue et son franchissement met beaucoup de nos contemporains mal à l'aise. Mais la provocation n'est-elle pas l'amour chéri des artistes? Un zeste de musique pour nous le rappeller: "L'amour que nous ne ferons jamais ensemble est le plus beau le plus violent le plus pur le plus enivrant" chante une Charlotte Gainsbourg allongée et mi-nue à 13 ans dans Lemon incest.ser1.jpg

 

Léa Zilber

 

Pour aller plus loin :

"Le dernier tabou, la pédophilie"

par Marie Gobin
Lire, décembre 2001 / janvier 2002

16:07 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : exposition, art

"Controverses" à la BNF

« Controverses » photographiques à la BNF

 


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Oliviero Toscani, Kissing-nun, 1992

Peut-on tout montrer, même les corps à l’agonie dans un camp de concentration ? La photo constitue-t-elle une preuve ? Un cliché insoutenable peut-il changer le cours de l’histoire ? Pourquoi une image heurte-t-elle les consciences ici et indiffère-t-elle ailleurs ?
Débats éthiques, batailles judiciaires, fascination et manipulation, les grandes photos qui font l’histoire racontent les tabous de leur temps à travers « Controverses », exposition présentée à la Bibliothèque Nationale de France jusqu’au 24 mai 2009. L’exposition s’articule autour d’un parcours chronologique de quatre-vingts images, prises entre 1854 et 2007. Toutes ont été choisies parce qu’elles ont choqué voire scandalisé, parce qu’elles ont été au cœur de controverses et de procès retentissants, provoquant parfois le succès ou la perte de ceux qui les avaient réalisées. Se cotoient ainsi les batailles sur les droits d’auteurs, avec le célèbre portrait du Che par Korda, ou encore la violation de la vie privée, dès la fin du XIXe siècle, avec un cliché de Bismarck sur son lit de mort ou avec le Baiser de l’Hôtel de Ville de Doisneau.
Au début de l’aventure « Controverses », il n’y avait que le projet d’un ouvrage entre l’historien de l’art Daniel Girardin et l’avocat Christian Pirker. Pour ce faire, ces deux experts suisses rassemblent près de 400 images et reconstituent leurs histoires et leurs enjeux. Du fruit de leur travail naîtra une exposition à succès au musée de l’Elysee de Lausanne en 2008, aujourd’hui transférée à Paris. «Toute photographie raconte un fragment de vie avec toute la subjectivité qu’elle comporte. Ce qui nous a intéressés, c’est le débat public. L’essentiel, c’est l’image, mais aussi la perception qu’a chacun de l’image : le débat public enrichit cette perception. C’est une des raisons pour lesquelles nous avons voulu montrer les positions qui s’affrontent sans prendre parti. En cela, cette exposition est un appel à la tolérance.», commente Daniel Girardin.
Fallait-il photographier l’agonie de la petite Omayra, en Colombie, qui mit près de cinq jours à mourir devant les caméras du monde entier ? Ou cette minuscule enfant qui se traîne dans les sables gris du Soudan et que guette déjà un vautour affamé ? Le photographe sud-africain Kevin Carter, couronné en 1994 par le prestigieux Prix Pulitzer pour cette illustration de la guerre civile et de la famine au Soudan, s’est suicidé deux mois plus tard, accusé lui-même d’être ce vautour qui attend son heure. Réalité ou représentation, quel est le plus terrible à soutenir du regard ?
D’autres images posent la question des limites de la liberté d’expression des photographes. Les normes de représentation et les mentalités changent d’une époque à l’autre, d’un pays à l’autre, ainsi que les critères de ce qui est ou non acceptable. Ainsi, les portraits ambigus de fillettes par l’écrivain Lewis Caroll, en pleine époque victorienne n’ont jamais été interdits. Plus près de nous, les photographies publiées par Annelies Strba de sa fille de douze ans dans son bain, lui ont valu, à l’occasion d’une exposition à Londres en 2002, un procès pour le caractère « pédophile et blessant » de l’image.

« Controverses » est une exposition qui donne à voir mais aussi à réfléchir. Elle illustre le regard que les sociétés portent sur les images de leur temps. Enfants dénudés, charniers de camps de concentration, scènes sado-masochistes, chaque époque a son ange noir. Une exposition passionnante mais à ne pas mettre dans toutes les mains.

Roxane Pour

 

 

Photo 1: Nasa, Buzz Aldrin on the Moon, July 20, 1969

Le 20 juillet 1969, Apollo 11 se pose sur la lune. L'homme fait ses premiers pas sur le satellite terrestre devant des millions de téléspectateurs. L'image est émouvante et marque durablement les esprits. Ces images, films et photographies marquent aussi la victoire éclatante de l'Ouest sur le bloc de l'Est. Pourtant, quarante ans plus tard, certains contestent encore la réalité de cet évènement. Les accusations de falsification débutent dès 1969, mais prennent une plus grande ampleur au tournant du millénaire. Parmi les rumeurs qui circulent, certaines prétendent que la Nasa aurait trompé le monde entier en simulant en studio ou dans les déserts américains les expéditions lunaires. Selon cette théorie du complot, La Nasa aurait prêté à Stanley Kubrick un objectif de caméra très sophistiqué pour tourner les scènes nocturnes de Barry Lyndon sans éclairage artificiel, et qu'en échange le metteur en scène de L'Odyssée de l'espace aurait tourné en studio les images des premiers pas de l'homme sur la lune.

Photo 2 : Lewis Carroll, Alice as a Beggar Child, 1859.

L'écrivain Lewis Carroll fait l'objet d'une polémique vieille de cent cinquante ans car il n'a cessé d'attiser la curiosité en raison de son amour pour les enfants. L'auteur d'Alice au pays des merveilles rencontre Alice Liddell, fille du doyen du Christ Church College d'Oxford en 1856. Un lien se noue rapidement entre l'enfant et l'adulte. Le portrait de cette jeune fille en mendiante a nourri les rumeurs au sujet de l'affection de Carroll pour l'enfant. L'image serait la preuve du caractère pervers et immoral de l'écrivain. Le regard direct et provocateur de la jeune Alice , sa position et son habillement suggestifs trahiraient le désir sexuel du photographe.

Photo 3 : Man Ray, Noire et Blanche, 1926.

"Créer est divin, copier est humain" affirmait Man Ray, photographe et figure majeure du dadaîsme et du surréalisme. Artiste emblématique de l'avant-garde de l'entre-deux guerres, Man Ray a produit une oeuvre photographique conséquente, composée de tirages originaux, et d'autres plus tardifs. Il se préoccupait peu de l'éparpillement de ses négatifs et confiait toujours le travail de tirage à des laboratoires, favorisant ainsi une large dispersion de son oeuvre. A la fin des années 1980, les tirages originaux de Man Ray atteignent des prix considérables et sont de plus en plus recherchés par les collectionneurs et les musées. En 1997, une affaire de copies vintage de ses oeuvres éclate (affaire Bokelberg). La méfiance s'installe et de nombreux musées et collectionneurs se découvrent propriétaires de tirages douteux. Cette affaire révèle que des faux peuvent exister en photographie, comme en peinture ou en gravure.

 

Informations pratiques:

"Controverses" du 3 mars au 24 mai 2009

BNF-Site Richelieu, 58 rue Richelieu, Paris IIe

Métro Bourse, Palais Royal, Pyramides

Bus: 20, 21, 27, 85, 74, 39

Entrée: 7 euros, Tarif réduit: 5 euros

Mardi-samedi 10h/19h

Dimanche 12h/19h

Fermé lundi et jours fériés

 

 

 

 
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