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24/03/2009

L’hostilité de l’IRA-Continuité fragilise le processus de paix

 

Ce mardi, un adolescent de 17 ans a été inculpé pour le meurtre d’un policier à Craigavon, au nord-ouest de Belfast. Une attaque rev2009-03-10T162611Z_01_APAE52919NQ00_RTROPTP_3_OFRTP-GB-ULSTER-REVENDICATION-20090310.JPGendiquée par l’IRA-Continuité, groupuscule dissident de l'IRA. Deux jours plus tôt, deux soldats britanniques avaient été déjà été abattus à Massereene.

C’est une série d’attaques qui rappelle à l’Irlande du Nord son passé cauchemardesque, pourtant presque oublié après plus de dix ans de paix. Un policier a été tué lundi 9 mars, alors qu’il était avec sa patrouille dans la ville de Craigavon, au nord-ouest de Belfast. L'attaque a été revendiquée le 10 mars par l’IRA-Continuité. Deux jours avant, le samedi 7 mars, deux soldats britanniques avaient été tués devant une caserne de l’armée britannique à Massereene. Une attaque revendiquée par l’IRA-véritable, autre groupuscule opposé au processus de paix.



Ces deux groupuscules ont gagné en puissance au cours des derniers mois. L’an dernier, l’IRA-Continuité a été responsable d’une série d’attaques, notamment en posant une bombe à proximité d’un véhicule de police. Cet attentat n’avait pas fait de blessé grave. L’IRA-Véritable, quant à elle, avait sérieusement blessé un policier en mai  2008.  La Commission indépendante de surveillance considère que cette branche de l’IRA est derrière « la vaste majorité des attaques républicaines » .

Pour la plupart composé d’anciens de l’Armée républicaine irlandaise, les deux groupuscules refusent le processus de paix signé en 1998.  Pendant quelques années, ces groupuscules paraissaient s’être transformer en clan mafieux responsable de contrebande et enlèvements, mais depuis plus d’un an ils sembleraient qu’ils aient trouvé une nouvelle force.

L’explication pour cette nouvelle vigueur est à chercher du côté politique :  Désormais représentant de l’autorité officielle depuis 2007, le Sinn Féin se partage le pouvoir avec les unionistes. Une situation pleine de contradiction avec ce processus de réunification pour les plus jeunes militants républicains.

« Il n’y aura pas de retour au passé »

La classe politique a assuré le lendemain même de l’assassinat du policier que l’Irlande du Nord ne renouera pas avec son passé violent. « Pas de retour au passé » a également déclaré Gordon Brown, Premier ministre britannique tout en condamnant les «meurtriers» qui ont fait feu sur les policiers. Selon lui, ils «tentent de dénaturer, de faire dérailler et de détruire le processus politique qui fonctionne pour la population d’Irlande du Nord». Les habitants de la province britannique «ne veulent pas revenir au temps où les armes à feu régnaient dans la rue», a-t-il ajouté.



Gerry Adams, le leader du Sinn Fein, qui partage le pouvoir avec les protestants du Parti unioniste démocrate au sein du gouvernement régional, a lui aussi assuré que les républicains dissidents ne disposaient d’aucun soutien au sein de la population.
Shaun Woodward, ministre britannique pour l’Irlande du Nord, quant à lui, a souligné l’importance de différencier les derniers attentats avec ceux des années 70 et 80. Il a assuré que les morts débuts du mois de mars n’avaient rien en commun avec les conflits interconfessionnels il y a trente ans. « C’est vraiment différent du passé. Aujourd’hui l’Irlande du Nord est unie » face à la menace terroriste, a-t-il confirmé en faisant allusion au partage du pouvoir entre le Premier Ministre protestant Peter Robinson et le vice-Premier ministre catholique Martin McGuinness, ancien dirigeant de l’IRA.

1190974445_955b93db6e_o.jpg Cependant, on aurait tort de minimiser les meurtres qui ont eu lieu en début mars. Il s’agit des premiers meurtres depuis les accords du Vendredi-Saint signés le 10 avril 1998. Mais il semblerait également illusoire de croire, après trente ans de conflits et plus de 3 500 morts, qu’un accord sur le partage du pouvoir, mis en place en mai 2007, suffise à apaiser les blessures de ces années de violences. En effet, la commission indépendante de surveillance, a estimé que la menace provenant des groupes dissidents, mais aussi des paramilitaires unionistes, est « sérieuse et continue ». Le MI5, le service de renseignement britannique, continue à consacrer 15 % de son budget à la lutte antiterroriste en Irlande du Nord. Le processus de normalisation en Irlande du Nord sera donc encore long. D’autant plus que l'action du gouvernement est, pour le moment, encore considéré comme inefficace. Cette inefficacité se révèle notamment dans la gestion de la police, toujours assumée par Londres. Dans ce domaine, le gouvernement n’a pas encore réussi la mise en œuvre d’un accord, ce qui laisse l’impression d’indécision institutionnelle.

 

 

 

 

A lire aussi :

L'histoire sanglante de l'Irlande du Nord sur LePoint.fr

Trois cents militants encore actifs en Ulster sur L'Express.fr

Etats-Unis/Amérique Latine : Une domination de plus en plus contestée

Pour le président vénézuélien Hugo Chavez, Barack Obama n'est qu'un "pauvre ignorant". A un mois du Sommet des Amériques, les tensions entre les États-Unis et ses voisin d'Amérique Latine ressurgissent : plus question d'accepter la domination du voisin du nord.

 

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Selon les sondages d’opinion, les taux les plus élevés d’anti-américanisme se trouvent parmi les populations d’Amérique Latine. Certains experts considèrent même que l’administration Bush a "perdu" la partie du Sud du continent.

Lors de sa campagne, George W. Bush avait pourtant placé l'Amérique Latine parmi ses priorités. Après le 11-Septembre, les pays sud-américains ont été relaigués à l'arrière-plan, loin derrière l'Afghanistan, l'Irak ou l'Iran.

La doctrine Monroe, qui exclut les Européens du continent américain au début du XIXe siècle, ne semble plus faire partie des priorités des dirigeants amércains.

Depuis son investiture en janvier, Barack Obama a très peu parlé de l'Amérique Latine. Il semble attendre le Sommet des Amériques mi-avril pour détailler sa pensée.

Pendant sa campagne électorale, les références aux pays au sud des États-Unis sont restées parcimonieuses. Sur le site internet détaillant son programme, la partie réservée à l'Amérique du Sud et aux Caraïbes fait moins d'une page dactilographiée. La politique de George Bush est critiquée et le tandem Obama-Biden se promet de créer "un nouveau chapitre dans le partenariat avec l'Amérique Latine et les Caraïbes". Mais pas de propositions concrètes.

Même sur Cuba, les déclarations sont assez vagues. Tout sera renégocié si un gouvernement démocratique s'installe à La Havane. Sans plus de détails.

 

Des regards sur l'imposant voisin très opposées

Les Etats-Unis gardent des alliés fidèles dans le sud du continent : le colombien Alvaro Uribe et le mexicain Felipe Calderon font figures des bastions du libéralisme anglo-saxon dans une région de plus en plus en plus tournée vers le socialisme.

Hugo_Chavez-722873.jpgLa plupart des États d'Amérique du Sud sont de gauche. Mais les disparités entre dirigeants sont importantes. Lula au Brésil et Michelle Bachelet au Chili représentent un centre-gauche modéré. Ils auraient les faveurs des Sud-Américains selon un sondage de Latinobarometro (.pdf 7,1Mo) réalisé fin 2007 dans 18 États. Hugo Chavez, le très médiatique représentant du bolivarisme, est placé au même niveau que Bush. Pourtant certains chefs d'État, vus au départ comme progressistes - Rafael Correa en Équateur et Evo Morales en Bolivie - se tournent vers le président du Venezuela.

Selon Bertrand Badie, professeur à Sciences-Po, "L'Amérique du Sud risque de devenir un chapitre important de la politique étrangère américaine". La volonté d'indépendance est importante car la région a longtemps été sous la coupe de Washington.

Tout au long de la Guerre Froide, les gouvernements américains successifs ont cherché à influer les régimes d'Amérique Latine, avec plus ou moins de succès.

 

Un lourd passé

Image 1.pngDans les années 1960, les États-Unis n'ont pas encore de vision d'ensemble et agissent au coup à coup. Pour Cuba, c'est un véritable échec : l'expédition de la baie des Cochons (cliquer sur l'image pour voir la vidéo) est un traumatisme qui ne doit pas se reproduire.

Les États-Unis ont-ils soutenu dans ce cadre l'Opération Condor ? 20080526015212!Henry_Kissinger.jpgHenry Kissinger, ministre de la Défense a toujours démenti mais le doute persiste. Chili, Argentine, Uruguay, Paraguay, Bolivie et Brésil, tous les pays d'Amérique Latine tentés par le marxisme ont des services secrets assez puissant pour maintenir en place des régimes pro-américains et renverser les autres.

Les exemples sont nombreux : renversement du président équatorien Ibarra en 1961, soutien militaire au coup d'Etat contre João Goulart qui avait proposé une réforme agraire au Brésil en 1964...

Mais c'est surtout l'aide à Augusto Pinochet lors de sa prise de pouvoir en septembre 1973 qui fait douter sur la non-intervention de Washington dans l'opération Condor. La chute d'Allende a été activement soutenu par les États-Unis.

Voici le début du documentaire Seidean Staire sur le coup d'Etat de Pinochet :

Après un tel passé commun, le désintérêt de l'administration Bush a permis aux volontés d'autonomie de s'exprimer librement. Les déclarations de Barack Obama mi-avril seront donc écoutées avec attention.

 

Isabelle Raynaud

23/03/2009

Boulettes papales, kesako?

"Le préservatif aggrave le problème du sida" voilà la phrase qui a fait couler des litres d'encre depuis mercredi dernier, date à laquelle le pape entamait sa première visite en Afrique.
A peine descendus de l'avion papal, les journalistes témoins de la déclaration ont foncé dans le tas, et la polémique n'a cessé d'enfler depuis.

Mais qu'a vraiment dit le pape? La phrase, rebattue à longueur d'articles, a t-elle été, comme le soulignent les dignitaires de l'Eglise Catholique, sortie de son contexte? La polémique est-elle "une occasion de se payer le pape", comme l'a dit monseigneur Vingt-Trois, archevêque de Paris, au Figaro?

La vidéo suivante montre la réponse du pape à une question d'un journaliste : La position de l'Eglise catholique sur la façon de lutter contre la diffusion du Sida est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace. Affronterez-vous ce thème au cours du voyage ?





Les réactions se sont vite enchainées. la France a exprimé ce mercredi sa "très vive inquiétude devant les conséquences de ces propos", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Eric Chevalier.
Ouest France fait une liste des réactions en chaîne des institutions, ONG, partis politiques et associations, aussi bien en Afrique qu'en Occident.

Des réactions d'une véhémence inédite depuis l'entrée en fonction du souverain pontife en 2005.

L'association de lutte contre le Sida Act Up a organisé dimanche un "die in", variante du "sit-in", devant Notre Dame de Paris, pour protester contre les déclarations de Benoît XVI, où ils ont été reçus par de jeunes catholiques.

Les guignols de l'info ne se sont pas privés:

 

 

L'ire médiatique a gagné les fidèles, si l'on en croît un sondage IFOP pour le JDD sur le rapport des catholiques Français à leur Eglise et à Benoît XVI. Un catholique sur deux (49%) a le sentiment que le pape Benoit XVI défend plutôt mal les valeurs du catholicisme. Pour rappel, ils n’étaient que 13% à émettre cette opinion en août 2008. D'autre part, 43% des catholiques souhaitent que le pape Benoit XVI démissionne ou parte en retraite, contre 54% qui ne le souhaitent pas.

(Sondage Ifop réalisé par téléphone du 19 au 20 mars 2009 auprès d’un échantillon de 956 personnes âgées de 18 ans et plus)

 

 

3 QUESTIONS A: Bernard Podvin, porte-parole de la conférence des évêques de France

 

Comment avez-vous pris les déclarations de Benoît XVI sur le préservatif? Comment arrivez-vous à défendre les positions du Vatican?

En tant que porte-parole, je travaille sur la clarification et le lien. L'Eglise Catholique est très secouée en ce moment, et la société est fragile, il y a beaucoup de souffrance. Je me dois d'être serein,  car le sujet est séreiux et grave, et il ne laisse pas de place à l'emportement ou à la passion. Evidemment, c'est difficile, mais en ce qui me concerne, je considère que le sida n'est pas une théorie. derrière le sida il y a des visages, des gens qui souffrent. Mes premières pensées vont vers eux, et vers ceux qui agissent pour lutter contre cette maladie.

 

Les positions de Benoît XVI sur le préservatif sont-elles différentes de celles de jean Paul II?

Leurs positions ne sont pas différentes, mis à part le fait que Jean Paul II n'ait jamais prononcé le mot "préservatif", alors que Benoît XVI si. De part et d'autre, il y a une crainte: que le préservatif, s'il devient la seule solution, risque de déresponsabiliser l'être humain dans ses choix et ses relations affectives. Evidemment, chacun a son style: Jean paul II avait de bonnes relations avec les jeunes, Benoît XVI est plus âgé et c'est théologien, plus attaché aux questions doctrinales.

 

Le JDD a publié un sondage montrant que 43% des catholiques souhaitent que le pape Benoit XVI démissionne ou parte en retraite. Après l'affaire des évêques intégristes négationnistes et celle de l'excommunication de la mère de la petite brésilienne violée par son beau père, cela fait beaucoup pour les catholiques. Est-ce que vous considérez Benoît XVI comme un pape gaffeur, ou y a t-il un réel problème comme le laisse penser ce sondage?

Oui ce sondage est très inquiétant, mais voyez-vous je m'attendais à pire. Ce sondage montre aussi qu'à la question: "est-il facile aujourd'hui d'être catholique?", les jeunes répondent massivement oui, contrairement aux plus vieux. Le grand public connaît mal Benoît XVI. Les gens sont très choqués et c'est normal. Mais il faut savoir que la fonction papale n'est pas une charge élective mais symbolique. L'Eglise catholique n'est pas une démocratie, encore moins un parti politique. Tout le monde n'est pas rangé derrière une seule ligne. La tempête est forte au sein de l'Eglise catholique, mais on doit relativiser, et évietr une dureté qui me semble injuste envers Benoît XVI. Au delà de la petite phrase, il y a toout ce qu'il a dit de positif et de courageux pendant ce voyage, notamment sa condamnation de la corruption des chefs d'Etat africains, de la condition des droits de l'homme.

Le rapport à l'opinion de Benoît XVI est difficile. Mais le rythme d'un pape n'est pas celui des sondages, et c'est la même chose dans le monde musulman ou hindouiste.

Propos recueillis par Marine Pradel

 

 
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