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27/11/2009

Est-ce vraiment moins difficile d’avorter en France aujourd’hui?

veil2.jpg17 janvier 1975: L’Assemblée nationale adopte la «loi Veil»,  du nom de la ministre de la santé de l’époque Simone Veil. L’interruption volontaire de grossesse (IVG) devient légale en France. Alors, 34 ans après, les choses ont-elles vraiment changé? Culpabilisation, manque de psychologie, tabou...Au travers des témoignages d'internautes, certaines bêtes noires des féministes semblent encore avoir la vie dure.

 

· L’IVG est encore taboue dans la société: Nombreux sont les témoignages de femmes évoquant un besoin de cacher leur recours à une IVG, par peur du regard ou du jugement des autres."J'en ai parlé à 15 personnes de mon entourage, triées sur le volet; des personnes qui ne me jugeraient pas et me comprendraient.", raconte Marlro1, qui évoque également la "honte" qu'elle a pu ressentir. La culpabilité imprègne elle aussi fortement les récits de ces expériences douloureuses. Tout ceci contribue bien souvent à isoler la femme concernée, qui doit faire face à une épreuve difficile, qu’il lui faut de surcroît affronter seule, ou entourée d’un cercle très restreint, comme c'est le cas d'Estelle0123, qui confie avoir eu "peur de la réaction de ses amis".

· La question suscite encore de violents débats: A partir de quand commence la vie? Avorter, est-ce tuer? Trois décennies de légalité ne semblent pas avoir affaibli les arguments des anti-IVG: pour Galette13, "Beaucoup de gens assimilent encore l'IVG à un meurtre, et les femmes à des criminelles". D’autres, comme Jullypetit, dénoncent un «carcan judéo-chrétien» qui étoufferait les femmes ayant recours à l’avortement.

· L’accueil du personnel médical laisse parfois à désirer: « Il y a du boulot encore!», écrit Marlro1 au sujet de la manière dont elle a été accueillie à l’hôpital. Manque d’informations sur le déroulement de la procédure, indifférence des soignants, sentiment d’être délaissée, jugée ou irresponsable…Les critiques ne manquent pas, et les témoignages laissent transparaître le chemin qui reste à parcourir. Aurore se souvient des remarques d’une infirmière: « Quand on ne sait pas prendre la pilule, on en assume les conséquences ». Quant à Marlène, comme beaucoup d’autres, elle déplore que sa détresse psychique n’ait pas été prise en compte.

· Vouloir n’est pas toujours pouvoir: Les disparités régionales en la matière  sont grandes: dans certaines régions, comme en Ile-de-France, le délai d’attente peut aller jusqu’à 15 jours, soit trois fois le temps recommandé par la Haute autorité de la santé. Cette attente s’explique par le décalage entre le nombre de femmes ayant besoin de recourir à cet acte, et la pénurie de centres d’IVG : trois ont fermé depuis le mois de mai 2009. Il n’en reste aujourd’hui plus qu’une douzaine dans la région.
Dans d’autres régions, c’est le manque de moyens dont souffrent les plannings familiaux qui cause des sous-effectifs médicaux, ou encore l’absence de référent psychologiques dont pourraient avoir besoin les patientes. Lou7bc tire la sonnette d'alarme, et rappelle que "si le droit à l'IVG n'est pas encore remis en question, il pourrait bien l'être à l'avenir".

· Des avancées mal relayées: Le manque d’informations pose parfois un réel problème, notamment dans le cas des jeunes filles mineures comme +Su+: beaucoup ne connaissent pas l’évolution de la loi : depuis 2001, il ne leur est plus nécessaire d’avoir l’autorisation parentale pour subir une IVG. Gaia291 constate enfin que "certaines femmes ignorent également la gratuité de l’acte pour les bénéficiaires de l’assurance maladie."


En savoir plus:

Loi Veil du 17 janvier 1975

Dossier : de la légalisation de l'IVG à nos jours

 

 

droit au logement opposable : sans toit, ni réelle loi

sansabri7.jpg

Malgré une loi ambitieuse, celle du droit au logement opposable; la réalité nécessite une 2e édition de la «Nuit solidaire». Plusieurs grandes villes de France se mobilisent contre les difficultés de logement. Quelques chiffres: un Français sur six est mal logé. Plus de la moitié de la population craint de se retrouver à la rue.

Les Enfants de Don Quichotte avaient secoué le pommier politique en plantant ses tentes sur le canal Saint-Martin à Paris, hiver 2006.



Le 5 mars 2007 la pomme tombe, elle s’appelle loi Dalo, comprendre loi sur le Droit au logement opposable.
Sur le papier, l’Etat garantit un toit pour tous. Au menu, toute personne peut déposer un recours pour obtenir un logement si elle ne peut le faire elle-même. Elle prévoit également la construction de nouveaux logements sociaux et l'interdiction d’expulser une famille sans proposer un relogement.

Début 2009, la situation n’est pas au beau fixe. Des familles mal-logées campent déjà depuis quelques semaines rue de la banque à Paris, elles seront expulsées quelques mois plus tard. Les demandes et recours sont nombreux et les attributions de logements prennent du temps. Moins de la moitié de ses recours ont abouti (tous les détails des recours). Les associations ne sont pas en reste. Elles ont brièvement occupé les locaux du secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, pour dénoncer l’inefficacité de la loi Dalo, trois ans après son adoption.

En pleine trêve hivernale (du 1e novembre au 15 mars), le comité de suivi de la loi, chargée de sa bonne mise en oeuvre, a demandé de réquisitionner les immeubles vides. Il s’agit d’attribuer des logements vacants depuis 18 mois, pour un bail d’un an renouvelable, aux personnes non-logées, mal-logées ou risquant l’expulsion. L'association DAL explique que cette loi existe déjà : "l’ordonnance de 1945, ce document expose les différentes étapes de la procédure d'attribution d'office et les responsabilités des différentes administrations dans sa mise en œuvre. Il vise à informer les administrations et les Maires des moyens de relogement, dans le parc des logements vacants, des personnes touchées durement par la crise du logement. Aujourd'hui, les administrations ignorent tout de cette disposition."

Photo : 2006, les Enfants de Don Quichotte ont voulu rendre visible le problème des sans abri.

2e Nuit solidaire : ça se passe où?
Paris: Place de la Bastille, 18h
Lille: Place de la République, 18h
Marseille: Cours Julien, 18h30
Cahors: Mairie de Cahors, 18h
Lyon: Place des Terreaux, 17h
Tarbes: Place Marcadieu, 18h
Strasbourg: Place Kléber, 18h
Avignon: Porte de la République,18h

Julie Lallouët-Geffroy

 

De la LOPSI à la LOPPSI: ce qui se cache derrière un P en plus

loppsi.jpgLe projet de loi LOPPSI ou LOPSI 2 est encore mal connu des Français. Cet ensemble législatif énonçant les principes généraux de la politique de sécurité intérieure a pourtant été entériné en 2003 sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy. L’examen de la seconde mouture du projet de loi est prévu pour le début 2010, une échéance qui inquiète médias et blogosphère. Alors, faut-il s’inquiéter?


➢    Que disait la LOPSI?
La Loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure du 29 août 2002, défendue par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, venait porter secours à une France en proie au fléau de l’insécurité. En 2001, le gouvernement Chirac fait état d’un total de plus de 4 millions de crimes et délits. (consulter les chiffres en PDF)

La LOPSI s’attaquait en 2002 à deux axes principaux : la lutte contre l’insécurité routière et la meilleure prise en compte des nouvelles formes de criminalité. Pour cela, l’Etat a réorganisé les structures chargées de la sécurité intérieure et donné de nouveaux moyens aux services de sécurité pour lutter contre les nouvelles formes de délinquance liées aux nouvelles technologies.

Inquiétudes et oppositions s’étaient manifestées à propos de l’extension du fichier national automatisé d’empreintes et de la fusion des fichiers de police et de gendarmerie en un seul, nommé ARIANE.

Les gouvernements Chirac puis Sarkozy n’ont eu de cesse de mettre en avant l’efficacité des mesures prises: entre 2002 et 2007, les chiffres de la  délinquance ont «fondu» (lire les chiffres ici).

Alors pourquoi renforcer cette loi si efficace?


➢    Pourquoi la LOPPSI?
Nuance dans l’appellation, l’acronyme de la seconde mouture a hérité d’un «p» supplémentaire. Entendez «Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure». Pas assez performante, la LOPSI 1?

C’est en effet la justification du gouvernement pour lequel, il s’agit à présent d’«adapter la politique de sécurité (…) face à l'évolution constante des formes de délinquance».
LOPPSI 2 fixe les grandes orientations de la politique de sécurité intérieure pour la période 2009-2013 : nouvelles délinquances, nouveaux défis dans la lutte. «Je souhaite mettre à profit l'examen de la Loppsi, fin janvier ou début février, pour muscler les dispositifs existants », déclarait hier Brice Hortefeux troisième ministre de l’intérieur en charge du dossier. (lire dépêche AFP)


➢    La loi en détails
La seconde version a été présentée en conseil des ministres par Michèle Alliot-Marie en mai 2009. La nouveauté assenée par la ministre est bien l’utilisation renforcée des nouvelles technologies pour protéger les Français.

Coller de plus près à l’évolution de la société: accorder une place déterminante aux nouvelles technologies en réponse à des délinquants qui utilisent de plus en plus les techniques modernes.
-    La loi offrira entre autres la possibilité de capter en temps réel des données affichées à l’écran de l’utilisateur, sous contrôle de la justice.

-    Développement de la vidéoprotection. Et simultanément, renforcement des garanties pour le citoyen: les compétences de la Commission nationale de vidéosurveillance seront élargies, et le préfet pourra demander la fermeture d’établissements utilisant le système de surveillance alors qu’il n’est pas autorisé.

-    Lutte contre la cybercriminalité en bloquant les sites à caractère pédopornographiques et en condmnant l’usurpation d’identité.

Mais LOPPSI 2, c’est aussi la poursuite de la lutte contre la violence routière, la lutte contre la violence des bandes et dans les stades. Et aussi l’attribution au préfet de police du maintien de l’ordre public pour les départements de Paris et la petite couronne, potentiellement extensible aux agglomérations lilloise, lyonnaise, marseillaise.


➢    Sur le Net et dans la presse, on s’inquiète.
Toutes ces mesures globalement jugées liberticides ne sont pas pour apaiser les tensions déjà nées des projets de loi Hadopi (pdf) et Dadvsi (pdf). « Flicage », « mouchards », « censure du Net »…  Quelques liens vers les articles critiques du web :


« Loppsi 2, bientôt Hadopi en pire ? » libération écrans.fr, 14 mai 2009
http://www.ecrans.fr/Loppsi-2-bientot-Hadopi-en-pire,6865...

« LOPPSI: la protection de l'enfance prétexte à la censure du Net. » 27 mai 2009, LaQuadraturedunet.fr
http://www.laquadrature.net/fr/loppsi-la-protection-de-le...

« Hortefeux veut tripler le nombre de acméras de vidéosurvaillance » 12 novembre 2009, nouvelobs.com
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/2009111...

« La vidéosurveillance bientôt imposée aux maires qui la refusent? » 25 novembre 2009 lepost.fr
http://www.lepost.fr/article/2009/11/25/1809644_la-videos...

« Filtrage, mouchards et analyse sérielle : le point sur la LOPPSI 2 » Pcimpact.com 26 novembre 2009
http://www.pcinpact.com/actu/news/54319-loppsi-filtrage-b...

 

Marie-hélène SOENEN

Dessin http://www.fcointe.com/blog/index.php/2009/06

 

 
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