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27/11/2009

Kraftwerk toujours dans la place

Cette semaine sortait The Catalogue, un coffret regroupant les huit albums du groupe allemand Kraftwerk. L'occasion de revenir sur un groupe dont l'empreinte reste, 35 ans après la sortie de l'album Autobahn, bien vivace.

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17:39 Publié dans Culture | Lien permanent | Commentaires (2)

droit au logement opposable : sans toit, ni réelle loi

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Malgré une loi ambitieuse, celle du droit au logement opposable; la réalité nécessite une 2e édition de la «Nuit solidaire». Plusieurs grandes villes de France se mobilisent contre les difficultés de logement. Quelques chiffres: un Français sur six est mal logé. Plus de la moitié de la population craint de se retrouver à la rue.

Les Enfants de Don Quichotte avaient secoué le pommier politique en plantant ses tentes sur le canal Saint-Martin à Paris, hiver 2006.



Le 5 mars 2007 la pomme tombe, elle s’appelle loi Dalo, comprendre loi sur le Droit au logement opposable.
Sur le papier, l’Etat garantit un toit pour tous. Au menu, toute personne peut déposer un recours pour obtenir un logement si elle ne peut le faire elle-même. Elle prévoit également la construction de nouveaux logements sociaux et l'interdiction d’expulser une famille sans proposer un relogement.

Début 2009, la situation n’est pas au beau fixe. Des familles mal-logées campent déjà depuis quelques semaines rue de la banque à Paris, elles seront expulsées quelques mois plus tard. Les demandes et recours sont nombreux et les attributions de logements prennent du temps. Moins de la moitié de ses recours ont abouti (tous les détails des recours). Les associations ne sont pas en reste. Elles ont brièvement occupé les locaux du secrétaire d’Etat au logement, Benoist Apparu, pour dénoncer l’inefficacité de la loi Dalo, trois ans après son adoption.

En pleine trêve hivernale (du 1e novembre au 15 mars), le comité de suivi de la loi, chargée de sa bonne mise en oeuvre, a demandé de réquisitionner les immeubles vides. Il s’agit d’attribuer des logements vacants depuis 18 mois, pour un bail d’un an renouvelable, aux personnes non-logées, mal-logées ou risquant l’expulsion. L'association DAL explique que cette loi existe déjà : "l’ordonnance de 1945, ce document expose les différentes étapes de la procédure d'attribution d'office et les responsabilités des différentes administrations dans sa mise en œuvre. Il vise à informer les administrations et les Maires des moyens de relogement, dans le parc des logements vacants, des personnes touchées durement par la crise du logement. Aujourd'hui, les administrations ignorent tout de cette disposition."

Photo : 2006, les Enfants de Don Quichotte ont voulu rendre visible le problème des sans abri.

2e Nuit solidaire : ça se passe où?
Paris: Place de la Bastille, 18h
Lille: Place de la République, 18h
Marseille: Cours Julien, 18h30
Cahors: Mairie de Cahors, 18h
Lyon: Place des Terreaux, 17h
Tarbes: Place Marcadieu, 18h
Strasbourg: Place Kléber, 18h
Avignon: Porte de la République,18h

Julie Lallouët-Geffroy

 

Le clasico qui fait trembler tout un pays

"Més que un club", clame la devise du FC Barcelone. En catalan, cela signifie littéralement "plus qu'un club". De la même manière, "el clasico", le match qui voit s'affronter les équipes du Real Madrid et du Barça constitue bien plus qu'une simple rencontre entre fans de ballon rond. Eclairage historique d'une rivalité séculaire entre ces deux équipes, sur le terrain et dans les coeurs ibères.

L'histoire d'un pays ne se lit pas que dans les manuels scolaires. En Espagne, le football, quasiment érigé au rang de religion, fait écho depuis toujours aux différents événements politiques qui agitent le pays. A l'image d'une cohésion nationale qui fait depuis longtemps défaut à une Espagne des autonomies par exemple, l'équipe espagnole n'a en effet jamais brillé sur la scène internationale. Si on excepte ses deux titres européens, sa meilleure place en coupe du monde date de 1950, avec une arrivée au pied du podium suite à un cuisant 6-1 contre le Brésil en petite finale. L'affront a depuis, rassurons-nous, été lavé, et l'honneur regagné grâce notamment à une éclatante victoire lors de l'euro 2008.

 

Mais la fierté du football ibérique se trouve ailleurs, et surtout dans le choc entre le FC Barcelone et le Real Madrid. Le plus grand derby du monde, qui n’est même pas un derby au sens « technique » du terme. Les deux équipes ne sont pas proches géographiquement, elles ne sont pas de la même région, ni de la même ‘nation’. En effet, Le Barça a toujours été le porte étendard de la Catalogne en tant que pays à part entière et le chantre de l’autonomie, tandis que le Real est l’emblème même de l’état central, du conservatisme et du traditionalisme exacerbé. La couleur (le blanc) est uniforme, et le symbole, royal. Il n’existe pas, dans le sport, une rivalité qui puise ses sources dans un tel magma socio-culturel, voir, carrément, politique. Une entité, une hydre divertissante à moult têtes. C’est ça, le Clasico.

Une histoire riche

En 1920, le roi Alphonse III donne le titre Real (royal) au Madrid football club, qui devient alors le Real Madrid. Le premier signe - mais pas le dernier- de la faveur accordée à l'équipe de la capitale fédérale par les personnes détenant le pouvoir. Dès lors, le divorce est consommé et le Barça s'ennorgueille à l'idée d'incarner l'éternel rebelle catalan, représentant d'une autre Espagne. Un contraste qui s'accentue plus violemment encore avec l'éclatement de la guerre civile en juillet 1936. Un mois plus tard, le président du Barça, Josep Sunyol, détenu par l'armée de Franco près de Madrid, est fusillé pour ses idées autonomistes. Dans la nuit du 16 mars 1938, l'armée nationaliste détruit en partie le local du club, où sont entreposés trophées, documents et archives qui font la fierté de l'équipe. La politique franquiste réprime l'usage du langage catalan, et le stade du Nou Camp devient le seul lieu où les catalans peuvent parler leur dialecte sans crainte de la répression policière. En mars 1940, un collaborateur de Franco, Enric Pineyro est fait président du Barça, et en "espagnolise" le nom en Club de futbol Barcelona (le club reprend son nom d'origine en 1973 seulement). Le dictateur espagnol, quant à lui, réputé pour s’être affilié à l’Atlético Madrid dans les années 40-50, aurait aussi été -selon certains- un partisan affiché du Real dans les années qui suivirent.

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Mais même sans les oukases du despote, le Real est suffisamment imprégné du caractère de la Royauté et de l’état central pour ne pas susciter la sympathie de cette région du nord-est, point focal des progressistes et séparatistes. Tradition contre modernité, l’un des aspects de la boule aux multiples facettes de cet antagonisme bientôt séculaire. La rivalité footballistiques'est accentuée quand le Barça avait failli s’attacher les services d’Alfredo Di Stefano en 1953 (à l’époque à River Plate, club co-fondé par le père du joueur), mais fut doublé in extremis pas Santiago Bernabéu, le visionnaire président du Real responsable de l’embellie du club dans les années qui suivirent et grand artisan de l‘acquisition du statut de meilleur club du 20eme siècle. La «flèche blonde » Di Stefano, “Ballon d'or” européen en 1957 et 1959, 893 buts en 1.180 matchs officiels dans sa carrière, sème ainsi de nouvelles graines dans le champs de la discorde.

Les plus grands joueurs conviés au banquet

L’arrivée de Johan Cruyff au Barça en 1973 est également un fait marquant dans l’histoire du Clasico. Le bonhomme dès son arrivée, affirme qu’il ne pourrait pas jouer pour le (supposé) club de Franco.

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Un véritable coup de tonnerre dans le contexte de l’époque. Depuis, les grands joueurs – les meilleurs au monde, se sont succédé dans les deux camps. Puskas, Gento, Maradona, Cruyff, Zidane… la liste est longue. Certains, comme Schuster ou Laudrup, s’offrant même le luxe de franchir la frontière interdite. Figo ou encore Saviola l'ont fait directement, tandis que des joueurs comme Ronaldo ont enjambé la barrière indirectement.

Tous ces mouvements, tous ces changements à travers les décennies n’ont pas réussi à laver le vieux sang entre les deux équipes. Aujourd’hui encore, au 21e siècle, alors que le football identitaire agonise, écrasé par le talon implacable de la mondialisation, la rivalité ne voit pas encore son couchant et revit de plus belle deux fois par an. Tout le monde y prend part. Ainsi,le premier ministre espagnol Jose Luis Zapatero est le premier à se revendiquer comme supporter déclaré du Barça. Pire encore, la presse ne se prive pas, à chaque occasion, de ressortir des squelettes su placard pour mettre de l'huile sur le feu. Le beau-frère de l'actuel président du Barça notamment, Alejandro Echevarria, avait défrayé la chronique en se révélant être un sympathisant de la fondation Francisco Franco

Qu'on aime ou pas la Liga, les matches entre le FC Barcelone et le Real Madrid ne laissent personne indifférent : les enjeux socioculturels qui en découlent divisent, le temps d'un soir, tout un pays. Un véritable événement patrimonial à suivre dimanche soir. Mais heureusement, tout cela reste du football..

Charlotte Chabas

 
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