Avertir le modérateur

27/11/2009

De la LOPSI à la LOPPSI: ce qui se cache derrière un P en plus

loppsi.jpgLe projet de loi LOPPSI ou LOPSI 2 est encore mal connu des Français. Cet ensemble législatif énonçant les principes généraux de la politique de sécurité intérieure a pourtant été entériné en 2003 sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy. L’examen de la seconde mouture du projet de loi est prévu pour le début 2010, une échéance qui inquiète médias et blogosphère. Alors, faut-il s’inquiéter?


➢    Que disait la LOPSI?
La Loi d’orientation et de programmation pour la sécurité intérieure du 29 août 2002, défendue par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, venait porter secours à une France en proie au fléau de l’insécurité. En 2001, le gouvernement Chirac fait état d’un total de plus de 4 millions de crimes et délits. (consulter les chiffres en PDF)

La LOPSI s’attaquait en 2002 à deux axes principaux : la lutte contre l’insécurité routière et la meilleure prise en compte des nouvelles formes de criminalité. Pour cela, l’Etat a réorganisé les structures chargées de la sécurité intérieure et donné de nouveaux moyens aux services de sécurité pour lutter contre les nouvelles formes de délinquance liées aux nouvelles technologies.

Inquiétudes et oppositions s’étaient manifestées à propos de l’extension du fichier national automatisé d’empreintes et de la fusion des fichiers de police et de gendarmerie en un seul, nommé ARIANE.

Les gouvernements Chirac puis Sarkozy n’ont eu de cesse de mettre en avant l’efficacité des mesures prises: entre 2002 et 2007, les chiffres de la  délinquance ont «fondu» (lire les chiffres ici).

Alors pourquoi renforcer cette loi si efficace?


➢    Pourquoi la LOPPSI?
Nuance dans l’appellation, l’acronyme de la seconde mouture a hérité d’un «p» supplémentaire. Entendez «Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure». Pas assez performante, la LOPSI 1?

C’est en effet la justification du gouvernement pour lequel, il s’agit à présent d’«adapter la politique de sécurité (…) face à l'évolution constante des formes de délinquance».
LOPPSI 2 fixe les grandes orientations de la politique de sécurité intérieure pour la période 2009-2013 : nouvelles délinquances, nouveaux défis dans la lutte. «Je souhaite mettre à profit l'examen de la Loppsi, fin janvier ou début février, pour muscler les dispositifs existants », déclarait hier Brice Hortefeux troisième ministre de l’intérieur en charge du dossier. (lire dépêche AFP)


➢    La loi en détails
La seconde version a été présentée en conseil des ministres par Michèle Alliot-Marie en mai 2009. La nouveauté assenée par la ministre est bien l’utilisation renforcée des nouvelles technologies pour protéger les Français.

Coller de plus près à l’évolution de la société: accorder une place déterminante aux nouvelles technologies en réponse à des délinquants qui utilisent de plus en plus les techniques modernes.
-    La loi offrira entre autres la possibilité de capter en temps réel des données affichées à l’écran de l’utilisateur, sous contrôle de la justice.

-    Développement de la vidéoprotection. Et simultanément, renforcement des garanties pour le citoyen: les compétences de la Commission nationale de vidéosurveillance seront élargies, et le préfet pourra demander la fermeture d’établissements utilisant le système de surveillance alors qu’il n’est pas autorisé.

-    Lutte contre la cybercriminalité en bloquant les sites à caractère pédopornographiques et en condmnant l’usurpation d’identité.

Mais LOPPSI 2, c’est aussi la poursuite de la lutte contre la violence routière, la lutte contre la violence des bandes et dans les stades. Et aussi l’attribution au préfet de police du maintien de l’ordre public pour les départements de Paris et la petite couronne, potentiellement extensible aux agglomérations lilloise, lyonnaise, marseillaise.


➢    Sur le Net et dans la presse, on s’inquiète.
Toutes ces mesures globalement jugées liberticides ne sont pas pour apaiser les tensions déjà nées des projets de loi Hadopi (pdf) et Dadvsi (pdf). « Flicage », « mouchards », « censure du Net »…  Quelques liens vers les articles critiques du web :


« Loppsi 2, bientôt Hadopi en pire ? » libération écrans.fr, 14 mai 2009
http://www.ecrans.fr/Loppsi-2-bientot-Hadopi-en-pire,6865...

« LOPPSI: la protection de l'enfance prétexte à la censure du Net. » 27 mai 2009, LaQuadraturedunet.fr
http://www.laquadrature.net/fr/loppsi-la-protection-de-le...

« Hortefeux veut tripler le nombre de acméras de vidéosurvaillance » 12 novembre 2009, nouvelobs.com
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/societe/2009111...

« La vidéosurveillance bientôt imposée aux maires qui la refusent? » 25 novembre 2009 lepost.fr
http://www.lepost.fr/article/2009/11/25/1809644_la-videos...

« Filtrage, mouchards et analyse sérielle : le point sur la LOPPSI 2 » Pcimpact.com 26 novembre 2009
http://www.pcinpact.com/actu/news/54319-loppsi-filtrage-b...

 

Marie-hélène SOENEN

Dessin http://www.fcointe.com/blog/index.php/2009/06

 

Martine Aubry : Objectif 2012

La secrétaire du parti socialiste était jeudi soir sur France 2 pour faire le bilan de sa première année rue de Solferino, un œil rivé sur le palais de l’Elysée…

martine-aubry.jpgMartine Aubry n’aime pas les caméras. jeudi soir, elle s’est pourtant fait violence sur le plateau d’Arlette Chabot pour l’émission A vous de juger. L’évènement était de taille. Un an que la maire de Lille est secrétaire du parti socialiste. Après les fraudes, les recollages et autres bisbilles entre camarades socialistes, elle a tourné la page pour préparer son parti à la présidentielle de 2012. Martine pense-t-elle mener cette bataille ? «en se coiffant le matin» répond Libération.

Le rassemblement du parti socialiste, les régionales de 2010: Martine Aubry est à l’aise sur ces sujets, se positionnant comme la première opposante de Nicolas Sarkozy. "Moi je suis née pour me battre". La secrétaire du parti socialiste s’est même chargée de défendre les valeurs républicaines dans un débat avec Jean-François Copé sur l’identité nationale.

Le ton est radicalement différent au sujet des élections présidentielles de 2012. Dès le début de l’émission, Arlette Chabot a interrogé la secrétaire du PS sur son éventuelle candidature. Réponse catégorique : "Moi ça me rase cette question et je vous le dirai tous les jours, ça me rase". Référence à la célèbre phrase de Nicolas Sarkozy dans la même émission en 2005, «je pense » à me présenter « même en me rasant le matin».

Dans un train qui la menait dans le Var pour son tour de France, Martine Aubry était pus bavarde avec le journaliste de libération David Revault d’Allonnes. «Si je considère que je suis la mieux placée pour défendre le projet, pourquoi pas». «Personne ne s’impose dans notre génération. J’ai mes idées sur ceux qui sont mieux à même que d’autres de défendre ce nouveau modèle, et on n’est pas très nombreux. Mais je suis incapable de dire si ce sera moi ou quelqu’un d’autre.»

dominique-strauss.jpgLes personnes à même de défendre le projet socialiste ? Dominique Strauss-Kahn pourrait se positionner comme candidat de la gauche. Chouchou des sondages, le directeur général du Fonds monétaire International vient de terminer une tournée médiatique en France. Martine Aubry relative. DSK est un «bon directeur du FMI. Si c'est le meilleur candidat, il faudra qu'il revienne». Mais pour la maire de Lille, cette question est prématurée.

Reste encore la question des alliances avec le centre. Marielle de Sarnez était aussi sur le plateau de France 2. La vice présidente du Modem a reconnu «qu’il existe des différences entre le parti socialiste et le mouvement démocrate» mais que la discussion reste possible. En réponse à une relance d’Ariette Chabot, Martine Aubry a ajouté «Mais bien sûr que c’est possible» !

Durant plus de deux heures d’antenne, Martine Aubry s’est donc attaché à construire « sa légitimité présidentielle ». Petit bémol tout de même, les maigres audiences de la chaîne. La secrétaire du PS n’a rassemblé que 2,1 millions de téléspectateurs selon Médiamétrie, plaçant France 2 en quatrième position des audiences de la soirée. Dans la même émission en mars, DSK avait attiré près de 3,43 millions de téléspectateurs...

Claire Ricard

12:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

L'effet papillon, d'Istanbul à Pont-à-Mousson

 

 

mustapha.jpg

Ce qui n’était à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) qu’un devoir d’histoire au départ s’est transformé en tourbillon médiatique en Turquie. Au cœur de cette délicate affaire diplomatique, le devoir d’un élève de 13 ans, Mustapha, pour qui le «génocide arménien est mérité». Une citation lourde de conséquences.

 

Début novembre, un battement d’ailes à Pont-à-Mousson (Meurthe-et-Moselle) a pratiquement donné lieu à une affaire d’état en Turquie. Derrière cette parfaite illustration de l’effet papillon se cache un collégien de 13 ans d’origine turque, Mustapha Dogan, scolarisé au collège Jacques-Marquette de la ville.


Le 12 novembre, il rend à son professeur d’histoire un devoir portant sur la période 1915-1916,  dans lequel il écrit que «le génocide arménien était mérité». Pis, il va jusqu’à souligner le mot «mérité», ce qui lui vaut une convocation chez le directeur de l’ établissement Francis Vignola. Verdict: une sanction à la fois disciplinaire et pédagogique, appelée mesure d’ «exclusion-inclusion». Deux jours durant, Mustapha Dogan n’assistera pas aux cours, mais devra en revanche disserter sur les notions de génocide et de mérite.


L’affaire prend une tournure nouvelle lorsque les parents du collégien se saisissent du dossier: contestant la punition infligée à leur fils, ils prennent contact avec une ONG : le Conseil de la jeunesse pluriculturelle (Cojep), dont le vice-président, Filip Veysel, tente d’établir une médiation entre les différents partis.


L’emballement médiatique qui s’ensuit en Turquie n’ira pas sans compliquer les choses : Mehmet Dogan, le père du collégien, fait part de la mésaventure de son fils à un journaliste turc. «Tout le reste des médias turcs a alors suivi l’affaire», raconte Filip Veysel, vice-président du Cojep à l’AFP, donnant parfois lieu à un certain «sensationnalisme», selon le responsable associatif. Déplacement de télévisions turques à Pont-à-Mousson, diffusion de la photo du jeune homme sur internet, réactions sur le blog fdesouches, proche de l’extrême droite française…La situation s’envenime.


Quelques semaines seulement après l’annonce par la Turquie et l’Arménie de leur volonté d’établir des relations bilatérales, l’affaire prend sans surprise une dimension diplomatique. L’ambassadeur de France en Turquie, ayant eu vent de l’affaire, demande des explications au Cojep, et le président de la Commission des droits de l’homme au Parlement turc écrit à l’Assemblée nationale française.


La question est d’autant plus épineuse que le Sénat français a reconnu le génocide arménien dans une loi datant de 1998. Cependant, le principal du collège Jacques Marquette affirme aujourd’hui que l’affaire est close, et que «la sanction a été comprise par l’élève et ses parents». Des réunions citoyennes ont été organisées avec l’ONG Cojep dès janvier 2010, afin «d’améliorer le vivre-ensemble» au sein de cet établissement scolaire.


Photo : Mustapha Dogan

Crédits photo : CNN turquie


Virginie BALLET

 

Pour en savoir plus :

Articles du figaro.fr sur le génocide arménien

Articles de courrierinternational.com sur la question

 


 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu