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26/11/2009

Présidentielle en Côte d’Ivoire : Un humoriste candidat à la succession de Gbagbo.

depot candidature 041 (Medium)-1.JPG"Nous avons décidé de prendre le pouvoir par le rire". C'est du sérieux. Célèbre à travers l`Afrique de l`Ouest, Adama Dahico, l’humoriste ivoirien est aussi candidat à la prochaine élection présidentielle en Côte d'Ivoire. Une élection dont la date est toujours inconnue. Il se présente contre des politiciens expérimentés tels qu’Alassane Ouattara, leader du Rassemblement des républicains (RDR), Henry Konan Bedié, chef du Parti
démocratique de la Côte d'Ivoire (PDCI) et Laurent Gbagbo, l'actuel président.

Adama Dahico dit de lui même qu'il est le chef du Doromikan, le "parti des ivrognes" de Côte d’Ivoire mais se voit comme le "Coluche ivoirien ", en référence au comédien français qui fut lui aussi tenté par une candidature à la présidentielle. Par contre, sa candidature, il l'a déposée en tant qu'indépendant.

Fils de parents maliens devenus ivoiriens, Adama Dolo, à l'état civil n'a connu que la Côte d'Ivoire. Son éducation, sa carrière de comédien, sa résidence, tout est du "made in CI" .

Et c'est en octobre 2003 qu'il révèle son désir d'être candidat à la présidentielle., à travers une interview accordée au Faso.net .Le 20 novembre dernier, le Conseil constitutionnel valide la recevabilité de sa candidature.

Pourtant, selon certains juristes , le Conseil constitutionnel s`est fourvoyé dans une démarche politicienne, en validant la candidature de l'humoriste de 41 ans. Parce que la Constitution d`août 2000 indique en son article 35, sujet à polémique, que:

" Le candidat à l'élection présidentielle doit être âgé de quarante ans au moins et de soixante quinze ans au plus. Il doit être ivoirien d`origine, né de père et de mère eux-mêmes ivoiriens d'origine. Il doit n`avoir jamais renoncé à la nationalité ivoirienne. Il ne doit s`être jamais prévalu d`une autre nationalité.

" Car c’est le président de la République seul qui a signé le décret qui peut justifier ma candidature." répond l'humoriste à ses détracteurs. Sinon il lui fallait normalement attendre 5 ans pour être électeur et 10 ans pour être éligible. Mais là, la loi ne précise pas s’il s’agit d’élection législative, municipale ou présidentielle.

L'élection présidentielle, présentée comme la plus attendue d'Afrique de l`ouest, a consacré aussi la candidature d'Alassane Dramane Ouattara. Pour plusieurs analystes, cela vient comme le couronnement du combat politique menée pendant quatorze ans par Alassane Ouattara pour la reconnaissance de ses droits civils et politiques.
En validant la candidature exceptionnelle d`Adama Dahico , explique un magistrat: "le Conseil constitutionnel veut dire que la celle d'Alassane Ouattara ne signifie rien de particulier, puisque même des gens comme Adama Dahico, a priori, inéligibles, sont candidats. " Ainsi la candidature du comédien devient une arme politique pour banaliser celle d`Alassane Ouattara.

Sami Bruno

La vrai non-candidature de DSK

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Dominique Strauss-Kahn se dit très loin des préoccupations partisanes françaises. Le directeur général du Fonds monétaire international soigne pourtant minutieusement ses apparitions médiatiques, de passage en France.

«Ce n’est pas mon sujet». Il le répète invariablement, La présidentielle de 2012 ne fait pas partie de ses préoccupations. Dominque Strauss-Kahn était sur le plateau du grand journal mercredi, oui mais seulement en tant que directeur du Fonds monétaire international (FMI). La crise internationale, les actifs des banques, il en parle sans problème. Mais dès qu’il s’agit de politique intérieure, DSK sort la carte du devoir de réserve qui incombe à sa fonction. «Vous avez des gens qui passent leur vie à vivre dans le passé» ou «dans l'avenir, moi, je vis dans le présent». Pourtant, la question est sur toutes les lèvres. DSK prépare t’il son grand retour pour la présidentielle de 2012 ?

L’appartition télévisuelle de DSK intervient dans le cadre d’un plan médiatique bien ficelé. Une Interview dans le figaro mardi, avec révélation sur les pertes non dévoilées des banques européennes. Une Emission grand public mercredi sur canal plus qui oscille entre showbiz et politique. Et Laurent Fabius d’ajouter le même jour sur Lci: «il fait partie des quelques personnalités socialistes qui ont les épaules pour être président de la République».

 



Si loin des préoccupations franco-françaises ? le directeur du FMI s’attache pourtant à soigner ses apparitions en terre natale et à se rappeler aux bons souvenirs de ses concitoyens. A droite, on se garde bien de critiquer une des personnlités de gauche préférées des Français. Dans un sondage CSA pour LCP de novembre, Dominique Strauss-Khan est même donné gagnant à 51% des voix contre Nicolas Sarkozy en 2012. Il faut croire que «l’éléphant du PS» a la peau dure. Le scandale concernant ses relations extra conjugales d’août 2008 n’aura pas trop égratigné son potentiel politique.

A gauche le retour de DSK fait grincer des dents. En effet, dans une étude d’OpinionWay paru dans Le Figaro et LCI (lien PDF), le directeur général du FMI ferait un bon candidat à l'élection présidentielle de 2012 pour 52% des Français devant Ségolène Royal (22%). Surtout, son éventuelle candidature pose de nombreuses questions au sein du parti. François Hollande se prononce par exemple pour des primaires dès la fin 2011. Une date problématique pour DSK, son mandat se terminant en décembre de cette même année.

 



Mais la plus grande des questions restent encore l’aura qui entoure le directeur général du FMI. La crise économique l’a propulsé sur le devant de la scène internationale comme un médecin au chevet de l’économie, garant de l'orthodoxie capitaliste. Une position qui lui donne un sérieux avantage dans la course présidentielle de 2012. Une position qu’il doit au président Nicolas Sarkozy, qui avait appuyé sa candidature en 2007. Etrange coup de pouce de la part de son possible adversaire.

Claire Ricard

La législation espagnole sur les violences conjugales ne fait pas encore ses preuves

bracelet.jpg156 femmes ont succombé, en 2008, aux coups portés par leur conjoint ou ex-conjoint. Le chiffre fait froid dans le dos. «Pas une fatalité», affirme le gouvernement Fillon qui souhaite ériger en 2010 la lutte contre les violences conjugales en «grande cause nationale». Dans toutes les bouches, les mesures prises par José Luis Rodriguez Zapatero en 2004 pour faire face au fléau sont érigées en modèle. Cinq ans après la loi contre les violences domestiques, quel est le bilan espagnol? Quelles sont les mesures reprises par François Fillon?

La lutte contre les violences conjugales, «priorité» du gouvernement Zapatero

En 2004, Zapatero, candidat socialiste, remporte les élections législatives et prend la tête du gouvernement espagnol. Comme promis au cours de la campagne électorale, il fait voter dès l’été une loi visant à la protection des femmes face aux violences conjugales.
Pourquoi? En 2004, Amnesty international fait état de 47 000 plaintes pour violences contre les femmes enregistrées en Espagne dans les six premiers mois. Soit une hausse de 24% par rapport au 1er semestre 2003. Le gouvernement Zapatero a fait de l’éradication de ce fléau sa priorité absolue.

Que dit la loi espagnole? Les principaux points retenus par le gouvernement français.
La loi espagnole de 2004 (lire ici), pionnière en Europe, vient modifier le dispositif pénal déjà existant jugé insuffisant pour protéger les victimes de mauvais traitements. La révision du code pénal espagnol en 1999 est capitale. Elle prévoit que la femme ne doive plus entière obéissance à son mari. La notion de violence psychique est reconnue. La récidive transforme la faute en délit.

Bracelet électronique En juillet 2008, le gouvernement ibérique approuve la mise en place du bracelet électronique pour contrôler les déplacements des auteurs de violences. Il s’agit d’une unité GPS fixée au poignet ou à la cheville, introduit en droit français par la loi du 12 décembre 2005. La victime, elle, est munie d’un disposotif GPS d’alerte, doté d’un bouton d’urgence. Si le conjoint approche sa victime à moins de 400 mètres, une alarme se déclenche au poste de contrôle et de surveillance. En vigueur depuis peu en Espagne, le dispositif serait testé dans deux ou trois départements dès 2010. Relancée mercredi à l’occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes, l’idée d’imposer le bracelet électronique aux conjoints violents avait déjà été évoquée en août par Nadine Morano dans un entretien au Figaro.

Téléphone d’appel d’urgence Ce moyen permettra aux victimes d'appeler en "cas d'urgence" et d'être immédiatement localisées par GPS. Au centre de la Croix-Rouge de Madrid, un centre de télé assistance permet de s’occuper, sur la partie nord de l’Espagne , de 7 000 femmes disposant d’un ordre d’éloignement pour leur ex-conjoint. Fin octobre, Michèle Alliot-Marie a lancé l’expérimentation à Bobigny.

Violences psychologiques au sein du couple Depuis 2004, la prise en charge des femmes battues se fait dans tous les domaines; juridique, financier, social, mais aussi et surtout psychologique.
François Fillon souhaite la création d'un délit de «violences psychologiques au sein du couple».


Un premier bilan
Un premier bilan chiffré des mesures Zapatero prises depuis 2004 a été réalisé par le gouvernement espagnol, et rapporté notamment par le journal La Croix (lire ici). On y apprend que le bracelet électronique, lancé le 23 juillet dernier, a été imposé à 58 hommes sur ordre d’un juge, après des mois d’expérimentation dans les régions de Madrid et des Baléares. En tout, 3000 bracelets ont été mis à disposition des juges espagnols. 600 alertes ont été données depuis juillet, dont 222 ont nécessité une intervention des forces de l’ordre. Dans 85% des cas, l’agresseur s’était trop approché de sa victime. Aujourd’hui, 13 000 Espagnoles sont équipées d’un téléphone d’appel d’urgence.

Depuis le début de l’année, 49 femmes ont perdu la vie en Espagne des suites de violences conjugales. Si l’on étudie les chiffres publiés depuis fin 2004, on observe un accroissement du nombre de morts: en 2005, 57 femmes sont mortes de violences, en 2006, 68, en 2007, 70 jusqu’à un total de 76 décès en 2008. Les décès continuent de grimper, malgré la multiplication des initiatives de Zapatero depuis cinq ans.
«La loi espagnole, pionnière en Europe, n'a pas réduit les violences conjugales», titrait en janvier 2009 le quotidien Le Monde.


Le bracelet, «Pas la panacée»
Plusieurs associations de femmes et le Parti populaire espagnol pointent le manque de moyens mis au service de la loi. Les juridictions seraient débordées. Grâce aux campagnes d'information et à un numéro vert, les plaintes sont en augmentation (+15,9 % entre 2007 et 2008).
Selon Altamira Gonzalo, présidente de Themis, association des femmes juristes espagnoles, le bracelet est loin d’être «la panacée». Elle dénonce notamment un manque de moyens qui ne permet pas de prendre en considération le cas de chaque femme menacée

Marie-Hélène Soenen

 

Photo : Libération.fr

 
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