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27/11/2009

Manœuvres et tractations autour des listes pour les régionales

A quatre mois du scrutin, les partis politiques s’activent, en coulisse, pour constituer leurs listes et investir leurs candidats. La France des régions restera t-elle, en majorité à gauche ? Rien n’est moins sur.

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Retourner en banlieue. Une promesse que Nicolas Sarkozy avait fait en arrivant à l’Elysée. Un engagement tenu, puisqu’en début de semaine le président a arpenté le bitume de plusieurs cités de la région parisienne, au pas de charge. Un déplacement qui a valeur de lancement pour la campagne des élections régionales, avec la réactivation du débat autour de la sécurité et de la vidéosurveillance, cher à la droite. Le visage de la France des régions va t-il évolué ? Passer du rose au bleu ?

Pour le moment, les partis constituent leurs listes : un enjeu éminemment politique. Même éloigné de Solférino ou du château présidentiel, les régionales sont le théâtre de réelles tractations et de rapports de force. Tour d’horizon, parti par parti, des manœuvres politiques de dernière minute, au sein des régions.

UMP : « unie face à une gauche plus divisée que jamais » ?

Le conseil national de l’UMP réuni aux docks d’Aubervilliers devra entériner, le 28 novembre prochain, le choix des têtes de liste pour les régionales. Le parti présidentiel a décidé de signer un pacte de partenariat avec le Nouveau Centre et le MPF (parti de Philippe De Villiers). Motivation de cette unité ? Constituer un maximum de voix de réserves pour le second tour. 

Dans ce concert d’unité, quelques fausses notes apparaissent : même si pour Xavier Bertrand la droite est « unie face à une gauche plus divisée que jamais », cette même droite connaît en son sein, des tribulations. Dans la région Bretagne, le villepiniste Jacques Le Guen a été débarqué au profit de Bernadette Malgorn. Dans la région Pays de la Loire, le sénateur Jean Arthuis menace à plusieurs reprises de monter une liste dissidente… Ceci, en plein débat sur la suppression de la taxe professionnelle, qui n’a pas fini d’agacer les élus de l’UMP…

PS : tenter de sauver les meubles dans les 20 régions déjà à gauche

Face à Arlette Chabot, Martine Aubry, la patronne des socialistes s’est montré déterminée a mettre la gauche en marche pour les régionales en mars prochain. Détenant 20 régions sur 22, la gauche a une position plus que confortable. Encore faut-il que l’essai soit renouvelé en 2010… Le récent clash en Vincent Peillon et Ségolène Royal, l’affaire Dray, les bisbilles intestines n’en ont pas fini de jeter le trouble sur la crédibilité du PS.

En Languedoc-Roussillon, le cas George Frêche a inquiété la direction nationale du parti qui l’a exclu. En cause? Son attitude générale et ses prises de position de le font passer «pour le grand diviseur de la gauche» explique Paul Alliès dans les colonnes du Midi Libre.

Autre gros dossier, l’éviction de Julien Dray sur les listes en Ile-de-France. Manuel Valls ou Vincent Peillon ont fustigé cette décision : pour eux sa présomption d’innocence est ainsi bafouée ; sur ce dossier, la première secrétaire est restée muette hier soir. A tort.

MoDem : s’imposer comme un interlocuteur incontournable

Dans les deux plus grosses régions de France, le MoDem jouent la carte de la diversité : Azouz Begag dans la région Rhônes-Alpes, et Alain Dolium pour l’Ile de France ou encore Yann Wehrling (ex-Verts). Des symboles forts, contenus dans de beaux coups de communication, sans doute pour pallier le manque d’élus connus, et estomper une ligne politique assez floue. Depuis quelques jours, François Bayrou lutte contre un penchant naturel : refaire la campagne des présidentielle en lieu et place de la campagne des régionales.

Europe Ecologie / Verts : une envie de confirmer la perçée verte

Selon les derniers sondages, les verts seraient en passe de verdir encore plus le paysage politique français. L’essai des européennes pourrait être transformé en mars prochain. A noter que le sommet de Copenhague, et les têtes d’affiche « people » devraient booster l’intérêt des Français pour le parti écologiste.

Front National : surfer sur l’identité nationale et recueillir les déçus du Sarkozyme


En 2007, on croyait Jean Marie Le Pen, fatigué, sur le déclin. En mars prochain, il sera le tête de liste dans la région Provence Alpes Côte d’Azur. Implicitement, en lançant le débat sur l’identité nationale et l’immigration, et la question de la sécurité, Nicolas Sarkozy fait du pied a l’électorat de l’extrême droite.

La sphère politique ne semble pas prêter attention à la remontée du FN dans les sondages : « C'est pourtant de ce côté-ci que se jouera une partie des élections régionales de mars prochain. Dans huit à dix régions, dont le Nord-Pas-de-Calais, Rhône-Alpes et Paca, le Front national pourrait se maintenir au second tour. » decrypte l’éditorialiste du Figaro, Yves Threard sur son blog. Dans les régions PACA, Nord-Pas de Calais, Ile-de-France,  ou encore Rhônes Alpes, les intentions de vote sont à la hausse. A suivre de près, donc.

PC / Front de Gauche : une unité de la gauche de la gauche

Les dirigeants du PCF ont confirmé, en début de semaine, lors d’un point de presse, les résultats de la consultation des communistes sur la stratégie à adopter pour les élections régionales.

Dans seize régions sur vingt-deux, une majorité d’entre eux ont opté pour la constitution de listes du Front de gauche élargi au premier tour. Trois régions ont opté, toutefois, pour des listes d’union avec le PS dès le premier tour (Champagne-Ardenne, Lorraine, Basse-Normandie). A la gauche de la gauche, les rivalités entre les personnes posent moins de problèmes.

Thibaut Mougin

15:36 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Sondages de l’Elysée : les députés socialistes contre-attaquent

L’opposition ruse pour contourner le refus de l’assemblée nationale d’ouvrir une commission d’enquête sur les sondages commandés par l’Elysée. Elle formulera lundi une nouvelle demande concernant les sondages de tout l’exécutif.


pano-assemblee-renan-astier.jpgLe bureau de l’assemblée nationale, organe exécutif de la chambre, avait opposé une fin de non recevoir à la demande du parti socialiste. Le parlement ne peut contrôler les actes du président de la république, élu au suffrage universel direct. Le président Bernard Accoyer a donc invoqué la séparation des pouvoirs garantie par la constitution, pour refuser l’ouverture d’une commission d’enquête sur les coûteux et nombreux sondages commandés par l’Elysée. Mais les députés de l’opposition ne l’entendent pas de cette façon. Ils vont déposer une nouvelle requête lundi prochain. La commission d’enquête portera cette fois sur les dépenses en sondage du gouvernement. Le contrôle de l’exécutif étant dans les attributions de la chambre, les députés espèrent ainsi contourner l’interdiction.

En cause ? La frénésie de Nicolas Sarkozy pour les enquêtes d’opinion. En juillet, la cour des comptes a rendu son premier rapport (lien pdf) sur les dépenses de l’Elysée. Une grande première voulue par Nicolas Sarkozy lui-même. "Pour que le budget de l'Elysée et de la Présidence de la République obéisse à des conditions de transparence indispensables dans notre pays", Nicolas Sarkozy avait promis le 12 Juillet 2007 qu'il demanderait "au Président de la Cour des Comptes de contrôler le budget de la Présidence de la République».

Dans ce rapport, la Cour des Comptes a relevé le caractère "exorbitant des règles d'exécution de la dépense publique» concernant la commande de sondages pour un montant d’1,5 million d’euros. Plus troublant encore, l’Elysée se serait adressé à un seul institut de sondage, l’entreprise Publifact, dirigé par Patrick Buisson. Il n’y a donc eu aucun appel d’offre et Buisson est de plus un proche du président puisqu’il exerce une fonction de conseil auprès du chef de l'Etat. Enfin, sur les 35 études commandées par l’Elysée, plus d’une quinzaine ont fait l’objet d’une publication dans la presse : ce qui pose la question de l’instrumentalisation des médias.

A l’automne, la commission des finances de l’Assemblée nationale s’est emparée du sujet. Elle a établi que les dépenses liées aux études d’opinion s’élevaient à plus de 3,28 millions d’euros. L’opposition a donc demandé l’ouverture d’une commission d’enquête. Après un premier accord du président de la chambre Bernard Accoyer, la demande a essuyé deux refus : de la commission des lois et du bureau de l’Assemblée. Deux organes majoritairement contrôlés par l’UMP.

« une décision politique»

Dans un communiqué signé du président du groupe, Jean-Marc Ayrault accuse l'UMP de "violer la Constitution sur ordre de Nicolas Sarkozy, dénonçant une «décision politique». Qu’à cela ne tienne, l’opposition a annoncé qu’elle déposera une nouvelle requête lundi prochain. Selon le journal le monde, la commission d’enquête devrait porter sur « les dépenses d'études d'opinion relevant des crédits budgétaires votés par le Parlement". Un champ d'investigation plus large recouvrant les dépenses de l’Elysée dans ce domaine. Affaire à suivre.

Claire Ricard

15:21 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

Martine Aubry : Objectif 2012

La secrétaire du parti socialiste était jeudi soir sur France 2 pour faire le bilan de sa première année rue de Solferino, un œil rivé sur le palais de l’Elysée…

martine-aubry.jpgMartine Aubry n’aime pas les caméras. jeudi soir, elle s’est pourtant fait violence sur le plateau d’Arlette Chabot pour l’émission A vous de juger. L’évènement était de taille. Un an que la maire de Lille est secrétaire du parti socialiste. Après les fraudes, les recollages et autres bisbilles entre camarades socialistes, elle a tourné la page pour préparer son parti à la présidentielle de 2012. Martine pense-t-elle mener cette bataille ? «en se coiffant le matin» répond Libération.

Le rassemblement du parti socialiste, les régionales de 2010: Martine Aubry est à l’aise sur ces sujets, se positionnant comme la première opposante de Nicolas Sarkozy. "Moi je suis née pour me battre". La secrétaire du parti socialiste s’est même chargée de défendre les valeurs républicaines dans un débat avec Jean-François Copé sur l’identité nationale.

Le ton est radicalement différent au sujet des élections présidentielles de 2012. Dès le début de l’émission, Arlette Chabot a interrogé la secrétaire du PS sur son éventuelle candidature. Réponse catégorique : "Moi ça me rase cette question et je vous le dirai tous les jours, ça me rase". Référence à la célèbre phrase de Nicolas Sarkozy dans la même émission en 2005, «je pense » à me présenter « même en me rasant le matin».

Dans un train qui la menait dans le Var pour son tour de France, Martine Aubry était pus bavarde avec le journaliste de libération David Revault d’Allonnes. «Si je considère que je suis la mieux placée pour défendre le projet, pourquoi pas». «Personne ne s’impose dans notre génération. J’ai mes idées sur ceux qui sont mieux à même que d’autres de défendre ce nouveau modèle, et on n’est pas très nombreux. Mais je suis incapable de dire si ce sera moi ou quelqu’un d’autre.»

dominique-strauss.jpgLes personnes à même de défendre le projet socialiste ? Dominique Strauss-Kahn pourrait se positionner comme candidat de la gauche. Chouchou des sondages, le directeur général du Fonds monétaire International vient de terminer une tournée médiatique en France. Martine Aubry relative. DSK est un «bon directeur du FMI. Si c'est le meilleur candidat, il faudra qu'il revienne». Mais pour la maire de Lille, cette question est prématurée.

Reste encore la question des alliances avec le centre. Marielle de Sarnez était aussi sur le plateau de France 2. La vice présidente du Modem a reconnu «qu’il existe des différences entre le parti socialiste et le mouvement démocrate» mais que la discussion reste possible. En réponse à une relance d’Ariette Chabot, Martine Aubry a ajouté «Mais bien sûr que c’est possible» !

Durant plus de deux heures d’antenne, Martine Aubry s’est donc attaché à construire « sa légitimité présidentielle ». Petit bémol tout de même, les maigres audiences de la chaîne. La secrétaire du PS n’a rassemblé que 2,1 millions de téléspectateurs selon Médiamétrie, plaçant France 2 en quatrième position des audiences de la soirée. Dans la même émission en mars, DSK avait attiré près de 3,43 millions de téléspectateurs...

Claire Ricard

12:20 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

 
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