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24/03/2009

Henri Michel, sac à emmerdes

Il fait partie de ces entraîneurs dont on ne sait plus quelle équipe il dirige. Aujourd’hui, c’est simple : Henri Michel n'en a plus. L’ancien sélectionneur de l’équipe de France vient d’être démis de ses fonctions d’entraîneur du club sud-africain des Mamelodi Sundowns. Pas par la grande porte, plutôt par l’issue de secours.

Ce dimanche, les Sundowns ont été éliminés de la Coupe nationale par le modeste club des Platinum Stars (0-1). La goutte d’eau qui a fait déborder le vase : trois jours plus tôt, l'équipe d'Henri Michel s'était inclinée dans le derby de Pretoria face à Super Sport United (1-4), ce qui a mis fin aux chances de titre du club.

Après la défaite de ce dimanche, les supporters des Sundowns ont scandé « Michel doit partir ! », puis essayé d’envahir la pelouse. L’ancien joueur du FC Nantes n'a dû son salut qu'à la police anti-émeutes qui l'a escorté et poussé dans un véhicule. Il a ensuite quitté le stade de Pretoria sous escorte, poursuivi par des supporters en furie. Pas vraiment rassurant dans un pays qui s’apprête à accueillir la Coupe du monde l’année prochaine.

Le club sud-africain affirme qu’un « gentleman’s agreement » a été trouvé avec le Français pour mettre fin à son contrat juteux. Henri Michel était en effet l’entraîneur le mieux rémunéré du pays, à hauteur de 75.000 dollars mensuels.

Du podium à la fosse

Sa carrière avait pourtant bien commencé. À la tête de l’équipe de France Espoirs, il remporte la médaille d’or des Jeux Olympiques de 1984 à Los Angeles. La même année, il succède à Michel Hidalgo comme sélectionneur de l’équipe de France, tout juste sacrée championne d’Europe. Sous sa houlette, les Bleus accomplissent un beau parcours au Mondial mexicain de 1986, en terminant sur la 3e marche du podium. La suite est beaucoup moins enthousiasmante : la France ne parvient pas à se qualifier pour le Championnat d’Europe de 1988. Avec en prime l’affaire Cantona la même année.


Un entraîneur qui aime l’Afrique

Éjecté de son siège de sélectionneur après un calamiteux match nul à Chypre (1-1), Henri Michel se tourne vers l’Afrique. Il entraîne d’abord l’équipe du Cameroun (1994), avant de s’installer plus durablement avec le Maroc, qu’il qualifie pour la Coupe du monde 1998 en France. La bande de Mustapha Hadji échouera aux portes des huitièmes de finale, malgré de jolies prestations.



Il dirige ensuite brièvement le club grec de l'Aris Salonique avant de devenir sélectionneur de l'équipe de Tunisie (2001-2002) après les éliminatoires de la Coupe du monde 2002 au Japon (élimination au 1er tour). Il atterrit ensuite dans l’un des plus grands clubs marocains, le Raja Casablanca, avec lequel il décroche le titre de champion d'Afrique des clubs (2003) et remporte le championnat en 2004.

En mars 2004, il est de nouveau sélectionneur d'une équipe africaine, la Côte d'Ivoire. Avec lui, la génération Drogba se hisse en finale de la Coupe d'Afrique des Nations et se qualifie pour la Coupe du monde 2006.

Après des passages éclair dans les clubs de Doha (Qatar) et de Zamalek (Egypte), Henri Michel revient aux commandes de la sélection marocaine. Il n’y restera que six mois, après l’élimination prématurée des Lions de l’Atlas à la Coupe d’Afrique des Nations en 2008. La suite, on la connaît. Henri Michel est un éternel éphémère.

Benjamin Smadja

 
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